Né le 23 novembre 1909 à Varsovie (Pologne), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; gantier, fourreur.

Israël Eszenbaum et sa femme Paula
Israël Eszenbaum et sa femme Paula
Israël Eszenbaum, fils de Moszek et de Estera Szajndla, née Jelem, arriva en France le 3 août 1934, porteur d’un passeport polonais visé par le consul de France à Varsovie. Il se maria le 1er décembre 1934 à Paris avec Syrla Perla Zagiel, née à Varsovie, couturière à domicile, en France depuis le 13 juillet 1931. Ils habitaient 39 rue des Gravilliers à Paris (IIIe arr.). Le 9 octobre 1934, une décision de refoulement fut signifiée au couple. Ils devaient quitter la France le 9 janvier 1935 pour avoir refusé d’indiquer le nom de la personne qui leur fournissait du travail à domicile. Israël Eszenbaum s’associa alors avec Malka Krwanink, et ils dirigèrent une fabrique de gants pour hommes dans le XIXe arrondissement. L’activité et l’acte d’association furent enregistrés au registre du commerce de la Seine le 5 novembre 1934.
Quand le gouvernement de Vichy promulgua les statuts des juifs du 3 octobre 1940, puis du 2 juin 1941, prescrivant notamment le recensement des juifs, le couple demeurait 37 rue d’Enghien à Paris (Xe arr.) et se fit recenser. Israël Eszenbaum était porteur d’une carte d’identité délivrée par la préfecture de police, au titre de « travailleur industriel », valable jusqu’au 3 août 1942. Il travaillait comme fourreur pour le compte de la maison Bronstein, rue du Faubourg-Poissonnière (Xe arr.).
Une lettre anonyme parvint à la police début octobre 1941, dénonçant Israël Eszenbaum comme un « propagandiste communiste ». Deux inspecteurs de police furent chargés de l’appréhender. Ce fut chose faite le 11 octobre 1941, et ils rédigèrent un rapport manuscrit qui débutait par ces mots : « Conformément aux ordres reçus, nous nous sommes rendus ce jour [...] au domicile du nommé Eszenbaum. [...] Une visite minutieuse des lieux en la présence de l’intéressé n’a amené la découverte d’aucun document ou [illisible] suspect. » Ils ajoutèrent dans une autre note : « Aurait été sympathisant communiste, mais sans aucune preuve. » Au vu de ces faits, Louis Sadosky écrivit : « Propagandiste communiste, suspect au point de vue politique, susceptible de constituer un élément dangereux pour l’ordre intérieur. » Israël Eszenbaum fut emmené au camp d’internement de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) réservé aux Juifs.
Après la Libération, Syrla, la veuve d’Israël Eszenbaum, témoigna devant la commission d’épuration de la police, en soulignant que les deux inspecteurs furent « très corrects », et ajoutant : « Je certifie que mon mari n’a jamais fait de politique et n’a jamais appartenu à un groupement communiste ». Un ami d’Israël Eszenbaum confirma ses propos.
Sources

SOURCES : Arch. PPo, BA 2439, KB 95, 77W 65, 1W 0037. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – Louis Sadosky, brigadier-chef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC.

Daniel Grason

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