Né le 25 août 1897 à Reims (Marne), fusillé le 6 juin 1944 à L’Épine (Marne) ; syndicaliste ; résistant ; FTPF-FFI.

Charles Tasserit
Charles Tasserit
SOURCE : Sylvie Kowski-Tasserit
Maison régionale des syndicats à Reims
Maison régionale des syndicats à Reims
Square des victimes de la Gestapo à Reims
Square des victimes de la Gestapo à Reims
Dans le cimetière de l'Est à Reims
Dans le cimetière de l’Est à Reims
Sur la plaque commémorative</br>de la Butte des fusillés à L'Épine
Sur la plaque commémorative
de la Butte des fusillés à L’Épine
Dans <i>L'Éclaireur de l'Est</i>
Dans L’Éclaireur de l’Est
Butte des fusillés à L'Épine
Butte des fusillés à L’Épine
Sur le monument</br>aux martyrs de la Résistance de Reims
Sur le monument
aux martyrs de la Résistance de Reims
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Charles Tasserit était le fils de Jeanne Marie Tasserit, domestique. Chauffeur d’auto, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il avait été grièvement blessé en août 1918 et cité à l’ordre de la division. Il exerçait la fonction de trésorier de la section rémoise de la Fédération des trépanés. Le 6 septembre 1922, il avait épousé à Reims (Marne), où il était domicilié, Lucienne Jacquemin décédée en 1939.

Son fils, Roger Tasserit, domicilié chez lui, avait rejoint le groupe Francs-tireurs et partisans français (FTPF) dirigé par Raoul Mathieu et avait participé à de nombreux attentats et sabotages dans le secteur de Reims, en particulier le sabotage avec Roger Kerger, au cours de la nuit du 15 au 16 novembre 1943, des installations de chauffage de la maison de retraite de Reims réquisitionnée par la Wehrmacht et transformée, sous le nom de caserne Richtoffen, en école d’élèves-officiers.
Roger Tasserit fut arrêté à Reims le 7 décembre 1943 avec Roland Moret et Raoul Mathieu, au domicile de ce dernier, où un dépôt d’armes fut découvert. Charles Tasserit fut arrêté à son tour le 10 décembre 1943 à son domicile, où la Gestapo opéra une perquisition qui aboutit à la découverte de tracts communistes, d’armes et d’explosifs.

Charles Tasserit fut interné à Reims, puis transféré à la prison de Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne), après le bombardement de la prison de Reims, le 30 mai 1944.
Condamné à mort le 6 juin 1944 par le tribunal militaire allemand FK 531 siégeant à Châlons-sur-Marne, il a été fusillé le jour même sur le terrain de La Folie à L’Épine, avec six autres résistants : René Brémont, Marcel Cheval, Roger Kerger (fusillé en même temps que lui), Raoul Mathieu, Georges Monaux et Roland Moret.

Inhumé sur place, le corps de Charles Tasserit a été exhumé le 13 septembre 1944, ré-inhumé dans le cimetière de l’Est de Châlons, puis transféré le 25 avril 1945 à Reims dans le cimetière de l’Est.

Charles Tasserit a été reconnu « Mort pour la France » et a été homologué FFI. Le titre d’Interné-résistant lui a été décerné, ainsi que la Médaille de la Résistance par décret du 3 juillet 1946 publié au JO le 11 juillet 1946.

Son fils Roger a été incarcéré à la prison de Reims jusqu’au 18 janvier 1944, puis interné à Compiègne (Oise), et déporté comme résistant le 27 janvier 1944 à Buchenwald (Allemagne). Il est rentré très affaibli de déportation.

Dans la Marne, le nom de Charles Tasserit est inscrit sur la plaque commémorative de la Butte des fusillés à L’Épine. À Reims, une plaque commémorative a été apposée en 1947 par la municipalité à son domicile, 13 rue du Général-Carré. Après la disparition de cette plaque, la ville de Reims a fait apposer une plaque refaite à l’identique dans le square des Victimes-de-la-Gestapo, 18 rue Jeanne-d’Arc. Son nom figure sur le monument aux martyrs de la Résistance et sur la plaque de la Bourse du Travail, aujourd’hui Maison régionale des syndicats.
Sources

SOURCES : SHD, Vincennes, GR16P 562686. – Arch. CH2GM-Marne, Direction de l’état civil et des recherches, dossier de Brinon, B7/1180, liste S 1744, numéro 02013. – Arch. Dép. Marne, M 7463, exécutions par les Allemands 1941-1944, fusillés ou exécutés par les Allemands, liste dressée à la demande du ministère de l’Intérieur en octobre 1944. – Arch. FN/FTPF/ANACR-51. – L’Union, 22 novembre 1945. – Arch. Sylvie Kowski-Tasserit. – Pierre Gillet, « Châlons sous la botte. Souvenirs de la Résistance à Châlons-sur-Marne et dans l’arrondissement (1940-1945) », Cahiers châlonnais, n° 3, Châlons-sur-Marne, 1983, réédité en 1998. – Jean-Pierre Husson, La Marne et les Marnais à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale, Presses universitaires de Reims, 2 tomes, 2e édition, 1998. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, dvd-rom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013. – État civil, Reims (acte de naissance) ; L’Épine (transcription du jugement déclaratif de décès).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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