Né le 1er juin 1921 à Bourges (Cher), exécuté sommairement le 4 mars 1944 à Vichy (Allier) ou mort en janvier 1945 au camp de Dachau (Allemagne) ; ébéniste et sportif de haut niveau ; résistant, commandant des Forces Françaises de l’intérieur (FFI), membre du réseau Mithridate.

Camille Leclanché
Camille Leclanché
Affiche du film 2019.
Affiche du film 2019.
Fils de Lucien Leclanché mécanicien et de Jeanne Ravel, comptable, Camille Leclanché, dernier d’une fratrie de 3 enfants, devint orphelin de père à l’âge de quatre ans, ce dernier décéda suite à des complications de blessures de guerre. Il se fiança à Marie-Louise la veille de la déclaration de guerre.
Camille travailla dans une entreprise locale d’ébénisterie. Il pratiqua de nombreux sports au point de devenir un athlète de haut niveau, il fut champion de France en saut en hauteur et souhaitait passer le brevet de pilote d’avion.
Pour échapper au Service du travail obligatoire STO, Camille prit le maquis comme de nombreux jeunes. En mars 1943, Camille Leclanché se réfugia dans des fermes proches de La Bourboule (Puy-de-Dôme) où se retrouvèrent une dizaine de jeunes. En juin 1943, il se rendit près de Vic-Le-Comte (Puy-de-Dôme) où il fit la connaissance de Raymond Labaune, alias Irma, qui devint son complice. Il a appartenu au Groupe Franc d’Auvergne à partir du 1er février 1943, sous les ordres du Colonel Coulaudon Gaspard. Il prit le pseudonyme de Buron dans le premier Corps-Francs d’Auvergne et fut chargé au sein d’une équipe de réaliser les principaux sabotages de la région Auvergne. C’est ainsi qu’ils furent à l’origine des opérations les plus remarquables, les plus nombreuses et les plus osées qu’aient connu le département : entre autres, le 31 juillet 1943 en plein midi, destruction du matériel aux imprimeries Saint-Louis à Clermont-Ferrand et notamment la rotative imprimant Le Moniteur, journal de Pierre Laval – le 1er août 1943 sabotage d’un transformateur électrique de l’usine Michelin – le 3 août 1943, évasion de Pontmort (douze condamnés politiques qui devaient être acheminés par train de Riom 63 vers Eysses, furent libérés). Il a été nommé Chef Régional au Service Sabotage Région 6 et nommé capitaine en date du 1er janvier 1944.
Camille Leclanché fut arrêté une première fois le 24 septembre 1943 à Issoire (Puy-de-Dôme) avec quatre résistants du Corps-Franc dont Labaune. Les circonstances de l’arrestation différent. Selon des documents aux archives départementales, les résistants furent arrêtés dans une voiture garée dans laquelle ils jouaient aux cartes. Selon Gilles Lévy, ils auraient été arrêtés suite à un contrôle d’identité et alors qu’ils étaient en pleine action de sabotage d’un train de bestiaux en partance pour l’Allemagne.
Sur Leclanché fut retrouvé un document manuscrit, une note émanant d’un dénommé B 20 et destinée à Alphonse Roche, alias Cristal, chargé des services de renseignements de la résistance. Cette note faisait état des vives tensions entre les maquis de Paulhaguet et Josat en Haute-Loire, après l’exécution par la Résistance, du chef du maquis du bois de Jax, Alphonse Montagne, un maquis dépendant de Josat.
Lors de cette arrestation à issoire, Raymond Labaune réussit à s’enfuir ; les autres furent conduits à la prison de Clermont-Ferrand. Le 12 octobre 1943, Émile Coulaudon chef du 1er Corps Franc d’Auvergne et son équipe les firent évader.
Camille Leclanché fut arrêté une seconde fois, le 15 janvier 1944, à La Bourboule (Puy-de-Dôme), suite à une panne de voiture, encore avec Labaune, par un commissaire français zélé.
Labaune fut libéré, mais il était trop tard pour Camille Leclanché que le Sipo-SD avait déjà conduit à Vichy . Il fut impossible pour le Corps-Franc d’organiser son évasion.
Il fut interrogé jusqu’au 2 mars 1944. Lors de sa détention, il partagea sa cellule avec Robert Fleury, futur préfet de l’Allier
D’après divers témoignages, le 4 mars 1944, il fut vu porté inanimé par deux soldats allemands dans une camionnette. Une heure après la camionnette revint, elle était vide.
On perd sa trace Que s’est-il passé ? Personne ne l’a jamais su.
De nombreuses recherches à la Libération notamment parmi les déportés sont restées vaines. Son frère Edmond dut attendre 2003, pour admettre qu’il aurait pu être achevé et inhumé dans une forêt proche de Vichy (Allier). Pourtant, l’état-civil de Clermont-Ferrand en date du 6 décembre 1950, indiquait un décès survenu au camp de Dachau en janvier 1945.
Chez les Leclanché, c’est toute une famille qui entra dans la résistance. Après la disparition de Camille, c’est son frère Edmond, alias Tonio qui prit sa place au service des sabotages, et ce jusqu’à la Libération.
Sa sœur Simone, agent de liaison, fut arrêtée le 3 mars 1944 et déportée alors qu’elle apportait du linge à son frère. Revenue de déportation, elle décéda en 1946 suite à un accident de voiture.
Camille Leclanché reçut la mention "Mort pour la France", homologué FFC, FFI, DIR et il reçut la Médaille de la Résistance ainsi que la Légion d’honneur à titre posthume. En juin 1952 il reçut également à titre posthume la Carte de Combattant Volontaire de la Résistance (CVR). La base Mémoire des Hommes le présente comme ayant appartenu au réseau Mithridate.
Selon son dossier ONAC, il fut interné du 15 janvier 1944 au 23 janvier 1944 puis fut déporté du 15 janvier 1944 au 31 janvier 1945 où il serait mort à Dachau.
À Clermont-Ferrand, son nom est inscrit sur une plaque commémorative à l’église Jeanne d’Arc ainsi que sur le monument commémoratif à l’Association Sportive Montferrandais et un stade porte le nom de Camille et Edmond Leclanché.
A Aulnat (Puy-de-Dôme) un Trophée annuel de lutte porte le nom de Camille Leclanché.
En 2019, les Archives départementales du Puy-de-Dôme en collaboration avec le Service Université Culture ont réalisé un film « Camille Leclanché 1921-1944, du refus à l’engagement ».
Sources

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 349357, dossier Leclanché Camille (nc) .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme. 2546 W 7033, dossier ONAC de Camille Leclanché. — Musée de la Résistance, de l’Internement et de la Déportation à Chamalières (Puy-de-Dôme). — Archives : témoignages de famille. — Dominique Missika et Dominique Veillon Résistance histoire de famille, Paris, Albin Michel, 2009. — Site internet de la mairie de Clermont-Ferrand, connaître Clermont : témoignages d’Edmond Leclanché. — Site Les Ardents. — Lucien Bastet et Roger Maurin, « Le mystère du Bois noir de Mandaix, commune de Jax », Bulletin d’Histoire de la Société académique du Puy et de la Haute-Loire, 2007, pp. 75-90. — Mémorialgenweb. — État-civil Clermont-Ferrand.

Huguette Juniet

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