Né le 21 juillet 1901 à Aubusson (Creuse), fusillé sommairement le 15 juillet 1944 à Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) ; ouvrier tapissier ; résistant maquis FTPF.

Il était le fils de Jean Octave Nivet âgé de 36 ans à sa naissance, journalier et de Marie Goubely 36 ans également, ouvrière en tapisserie, domiciliés tous deux 27 rue de Clermont à Aubusson. Appelé à la conscription en 1921, il fut affecté au Maroc à la 12ème section d’infirmiers du 23 mai 1922 au 4 septembre 1923. Démobilisé, il revint vivre à Aubusson où il exerça le métier d’ouvrier tapissier. Il appartenait à la classe ouvrière aubussonnaise où l’emploi dans l’une des nombreuses entreprises de la tapisserie, la grande activité d’Aubusson, était fréquent.
Au soir du 7 juin 1944, après le départ des Feldgendarmes stationnés à l’Hôtel de France d’Aubusson, un groupe de résistants dont vraisemblablement Émile Nivet se saisit du contrôle de la ville. Le retour des troupes allemandes arrivant par la route de Clermont-Ferrand, les 8 et 9 juin obligea les résistants à se disperser. Une partie tenta de rejoindre les maquis de l’AS à Janaillat et fut interceptée et exécutée sommairement à Combeauvert (commune de Janaillat) par une unité de la division Das Reich. D’autres, dont Émile Nivet rejoignirent dans l’est de la Creuse, les maquis du 13ème bataillon FTPF du capitaine Mourlon. Émile Nivet intégra la 2104ème compagnie FTP cantonnée à La Nouaille.
Après une période de relative accalmie en Creuse après les combats de la première quinzaine de juin 1944, à la mi-juillet 1944, la brigade Jesser, une formation militaire allemande, composée d’éléments de la Wehrmacht, de SS et de divers services de police, pénétra dans le département, chargée de la répression contre les forces de la Résistance. L’une des colonnes entra dans le département venant du Puy-de-Dôme, dans la nuit du 13 au 14 juillet occupant le village de La Courtine. Prévenu au matin du 14 juillet, la 2104ème compagnie cantonnée à peu de distance à La Nouaille, décida d’envoyer un groupe d’une trentaine d’hommes dont Émile Nivet en reconnaissance. Ils ignoraient qu’une unité d’avant-garde de la brigade Jesser avait déjà pris position en embuscade au-dessus du village de Clairavaux. Après les avoir laissé s’avancer à faible distance, les troupes allemandes ouvrirent le feu. Une vingtaine d’hommes parvinrent à se replier, mais un groupe fut encerclé dans une carrière, entrainant trois morts au combat, et cinq prisonniers. Ces prisonniers parmi lesquels figurait Émile Nivet furent conduits le soir même à Bourg-Lastic. Deux prisonniers Jean Verlet et Alexandre Leroux furent aussitôt joints au convoi partant pour la déportation. Émile Nivet et deux camarades Charles Couturier et Roger Fourneaux furent fusillés le lendemain matin au champ de tir du camp de Bourg-Lastic avec 21 autres otages civils et résistants.
Il obtint la mention Mort pour la France et son nom figure sur les monuments aux morts d’Aubusson et de Bourg-Lastic ainsi que sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Creuse (État civil ; registre matricule) — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Mémorial genweb.

Michel Thébault

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