Né le 24 février 1923 à Aubusson (Creuse), exécuté sommairement le 15 juillet 1944 à Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) ; ajusteur ; résistant au sein de Franc-Tireur, des Mouvements Unis de la Résistance (MUR) et de l’Armée Secrète (AS).

René Brut
René Brut
Originaire de la Creuse, fils de Jean, Henri Brut et de Berthe, Marie, Antoinette Molinier, il était vraisemblablement domicilié au début des années 40 à Beaumont (Puy-de-Dôme), commune de la banlieue sud de Clermont-Ferrand. Il exerçait la profession d’ajusteur.
Il rejoignit le Mouvement Franc-Tireur, groupe Sylvestre à Beaumont. En janvier 1944, alors qu’il habitait 6 rue du commerce à Beaumont, sur ordre de Georges Andrieu dit « Sylvestre », René Brut rejoignit la zone III des maquis d’Auvergne, à l’ouest du département, de peur d’être arrêté comme réfractaire au STO. Il fut arrêté le 9 juillet 1944 lors d’une réunion à Bourg Lastic. Il rejoignit sans doute fin mai – début juin 1944 le maquis de Saint-Genès-Champespe (Puy-de-Dôme) dans le cadre des maquis du Mont Mouchet. En effet, en mars-avril 1944, des responsables des MUR envisagèrent de replier et regrouper leurs forces dans des « réduits » plus faciles à défendre. A la mi-avril, Émile Coulandon (colonel Gaspard) commandant régional de l’AS et chef des FFI d’Auvergne rencontra à Montluçon un agent du réseau Buckmaster (SOE), le major Maurice Southgate pour lui proposer d’organiser un réduit au Mont Mouchet. Le principe d’une forte concentration de maquisards accompagnée de parachutages massifs d’armes fut alors retenu et accepté par Londres. Le 20 mai, un ordre de mobilisation générale et de regroupement au Mont Mouchet fut donné. Il est vraisemblable que René Brut à l’exemple de nombreux clermontois s’engagea alors dans les Forces françaises de l’Intérieur (FFI) dans le secteur du Mont Mouchet. Dès le début du mois de juin la brigade mobile de répression du général Kurt von Jesser fut chargée de réprimer et d’anéantir les maquis de la région. Après l’attaque du camp de Saint-Genès-Champespe du 10 au 12 juin 1944, les maquisards durent se disperser partant pour certains vers le Cantal, d’autres furent regroupés dans deux compagnies MUR – AS dans le secteur de Bourg-Lastic et Messeix, communes proches de la Corrèze, et villages acquis à la Résistance. René Brut fit manifestement parti de ce groupe. Le 7 juillet 1944 eut lieu à quelques kilomètres de Bourg-Lastic, dans les gorges du Chavanon (à la limite de la Corrèze et du Puy de Dôme) une embuscade contre un convoi allemand qui éprouva des pertes sérieuses (23 morts). L’arrivée, dès le 9 juillet, d’unités de la colonne Jesser qui remontaient du sud du Puy-de-Dôme et du Cantal provoqua dans tout le secteur une escalade de la répression. Un détachement du SIPO-SD venu de Clermont-Ferrand procéda les jours suivants à des recherches, perquisitions et interrogatoires à Bourg-Lastic et dans les villages voisins . Une vingtaine de personnes du village et des villages voisins furent finalement arrêtées. René Brut, constitua un suspect évident, étranger au village il ne pouvait justifier sa présence, et sa date de naissance 1923, rendait vraisemblable son refus du STO. Il fut exécuté sommairement le 15 juillet 1944 avec 22 autres résistants et otages civils au milieu du champ de tir au camp militaire de Bourg-Lastic.
Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur le monument aux morts de Beaumont. Il figure également sur les monuments aux morts de Bourg-Lastic ainsi que sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Puy-de-Dôme (901 W 175) .— Arch. Dép. Puy-de-Dôme : 2546 W 4210 .— ONAC La Résistance dans le Puy-de-DômeJournal La Montagne — Mémoire des Hommes — mémorial genweb .— Compléments par Richard Dujon.

Michel Thébault

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