Né le 24 juin 1897 à Lusignan (Vienne), mort en action le 13 juillet 1944 à Monassut (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques) ; militaire de carrière ; résistant du Corps franc Pommiès (CFP), Organisation de Résistance de l’Armée (ORA).

Fils de Jean Boutin, instituteur, et de Marie Bargue, Jean-Marc Boutin s’engagea volontairement pour 4 ans le 13 juillet 1915 pour participer au conflit. Incorporé au 49ème régiment d’artillerie, il débuta comme canonnier conducteur. Nommé maître pointeur le 5 août 1917, il se distingua lors des combats par son dévouement, son courage et son sang-froid.
Après la première guerre, il épousa Georgette Boizon à Maillezais (Vendée). Il poursuivit sa carrière militaire faite de réengagements successifs. En mars 1928, il fut admis d’office dans le cadre des sous-officiers de carrière et nommé adjudant. Il obtint la médaille militaire en 1929 et la croix de guerre avec étoile d’argent.
Passé au centre militaire d’artillerie de Vincennes en septembre 1939, il fut démobilisé un an plus tard, le 4 septembre 1940. Son domicile officiel était 17 rue Jean-Jacques Rousseau à Niort (Deux-Sèvres), mais en réalité, il se retira à Tarbes.
Début 1943, il s’engagea dans la résistance armée au Corps Franc Pommiès et intégra le bataillon Maupeou, compagnie Dupont. Chef de section, il participa à de nombreuses actions armées, dont l’exécution d’un agent de la Gestapo à Tarbes, en mars 1944.
Le 11 juin 1944, Boutin et ses hommes attaquèrent un convoi de 21 camions allemands à Castera-Lou (Hautes-Pyrénées). Le combat dura sept heures et se solda par des pertes importantes côté allemand. Trois résistants perdirent la vie.
Jean-Marc Boutin trouva la mort le 13 juillet 1944 lors du combat de Monassut. Ce jour, dans la matinée, un détachement formé par sa section et celle de Viltard de la Compagnie Dupont, faisait mouvement pour réceptionner un important parachutage. Le convoi s’arrêta dans le village de Monassut, pour réparer un camion. Au moment de repartir, un guetteur signala des voitures allemandes. Le chef de détachement René Sarrazin décida d’engager le combat sans savoir que le convoi allemand était, en fait, composé d’une soixantaine de véhicules.
Le combat dura une heure et demie. Trois assauts furent repoussés. René Sarrazin donna l’ordre de repli. Jean-Marc Boutin, 47ans, fut abattu lors du décrochage.
Les Allemands auraient eu 57 morts et 30 blessés. Douze maquisards trouvèrent la mort à Monassut : deux, les armes à la main, huit au cours du décrochage, deux ne furent que blessés mais achevés par les Allemands. Tous les corps furent retrouvés le visage défiguré par l’ennemi. Jean-Marc Boutin repose au cimetière de Monassut, au carré des corps restitués.
Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué sous-lieutenant à titre posthume par décret du 27 septembre 1945. Son nom figure sur la stèle érigée à Monassut et sur le mémorial du CFP à Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées).
Sources

SOURCES : SHD-AVCC, Caen, AC 21 P 31796. — Archives départementales Vienne. —MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — Céroni Marcel, Corps Franc Pommiès. Tome 1-2, La lutte ouverte, Amicale du Corps franc Pommiès, 2007.

Audrey Galicy

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