Née le 22 juin 1893 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), massacrée le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane ; victime civile.

Coiffeur Jean Valentin, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Coiffeur Jean Valentin, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Coiffeur Jean Valentin, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Coiffeur Jean Valentin (la bascule), Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Coiffeur Jean Valentin, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
plaque famille Moreau - Raynaud - Bichaud - Valentin, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Marie Raynaud était la fille de François (né le 12 juillet 1852 et décédé le 13 octobre 1912, à Oradour-sur-Glane), sabotier, puis aubergiste, et de son épouse Marguerite née Villemonteil (née le 9 septembre 1855 et décédée le 25 septembre 1937, à Oradour-sur-Glane), aubergiste, domiciliés au Bourg d’Oradour. Ses parents s’était mariés le 26 février 1876 à Oradour-sur-Glane.
Elle était la cadette d’une fratrie de cinq enfants, les jumeaux Jean (né le 7 avril 1991), époux de Marguerite Thomas, Élisabeth (née le 7 avril 1881 et décédée le 19 août 1881), Marguerite* (née le 23 juin 1877) épouse de Pierre Moreau* parents de Marie Félicie épouse de Jean Bichaud*, et Jules (né le 17 octobre 1889 et décédé le 15 juin 1921) époux de Marie Roudier, parents de Pierre Henri* époux de Marie-Louise Hortolary (parents d’Irène Amélie*), et de Lucien* époux de Simone Thomas* (parents de Bernard*), à Oradour-sur-Glane.
Le 3 décembre 1910 à Oradour-sur-Glane, elle épousa Jean Valentin* (né le 23 septembre 1884, à Bussière-Galant), meunier au Repaire, commune d’Oradour. Elle déclara la profession de couturière en robes, ses parents étant alors aubergistes au Bourg d’Oradour.
Dans les années suivantes, ils trouvèrent un autre emploi, son époux à la Compagnie des Chemins de Fer Départementaux de la Haute-Vienne (CDHV), et elle comme receveuse à la gare d’Oradour.
De cette union naquirent deux garçons, Jean Henri (né le 1er mars 1915 et décédé le 22 mars 1923), et Pierre Luc Albert (né le 23 juillet 1930 et décédé le 12 février 1931), à Oradour-sur-Glane.
« Valentin*, la cinquante rondouillarde, affublé de son éternel chapeau de paille, partageait son temps entre son activité de coiffeur et celle de jardinier averti. Son épouse, Marie Valentin*, surnommée Titi, était une petite femme bien en chair, toujours vêtue d’une blouse noire. Elle portait gracieusement le chignon, toujours arrangé avec soin. Son mari affectionnait la soupe de légumes que ’’sa Titi’’ lui préparait selon une règle immuable à laquelle elle ne pouvait en aucun déroger. Elle achetait chez le boulanger une tourte de huit livres qu’elle tranchait en fines tartines, mises ensuite à rassis sur la planche à pain fixée au plafond au-dessus de la table de la cuisine. Une demi-heure à trois quarts d’heure avant de servir, Titi déposait plusieurs de ces tranches de pain rassis dans son écuelle, versait le bouillon de légumes et laissait le récipient près de l’âtre, pour que le liquide imprégnât bien le pain quand la soupe de légumes était prête, il la dégustait dans une confusion charmante de clapotages et de succions, entrecoupés de soupirs de satisfaction. En dehors des taches ménagères Titi s’occupait également de la bascule installée près de l’entrée. Elle pouvait, de sa fenêtre et sans avoir à sortir, effectuer le pesage des bêtes vendues sur le champ de foire, ainsi que celui des produits arrivant en vrac par le tram, comme la chaux ou le blé. Tous les enfants du village savaient qu’il leur était formellement interdit de courir de la bascule car cela résonnait très fort dans la maison. »
Elle fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich et brûlée dans l’église avec sa sœur, ses nièces, une partie de sa famille et l’ensemble des femmes et des enfants d’Oradour-sur-Glane. Son époux fut mitraillé puis brûlé dans la grange Beaulieu dans laquelle des hommes furent massacrés, son corps fut identifié. Son beau-frère, ses neveux et une partie de sa famille furent mitraillés puis brûlés dans l’une des six granges dans lesquelles les hommes furent massacrés.
Marie Raynaud obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — MémorialGenWeb. — Archives État civil de la Haute-Vienne, actes de naissances, mariages, décès, recensements. — André Desourteaux et Robert Hébras, Oradour-sur-Glane, Notre Village assassiné, éditons CMD (p49).

Michel Thébault, Isabel Val Viga

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