Né le 4 juin 1906 à Varsovie (Pologne), fusillé le 3 novembre 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; vendeur de TSF ; communiste ; résistant.

Bénédikt Librod fit l’objet d’une expulsion de France le 14 avril 1930, depuis cette date il n’y eut aucune trace de son passage à Paris. Le 1er août 1940, admis à l’hôpital Beaujon à Clichy (Seine, Hauts-de-Seine) pour une tuberculose, il donna comme adresse le 102 rue de la Grotte à Paris, (XVIe arr.), or cette rue ne comptait qu’une vingtaine de numéros. Il fit connaissance avec Louise Casabianca, infirmière.
Il fut arrêté, interrogé par le Sonderkommando IV de la Geheime Feldpolizei (GFP), police de sûreté qui siégeait à l’hôtel Bradford à Paris. Pour toute pièce d’identité, il était porteur d’une carte d’alimentation délivrée par la mairie du Ve arrondissement, avec comme adresse 5 rue Malebranche, or il n’avait jamais été domicilié à cette adresse. Il bénéficiait de cartes de suralimentation dont les dernières ont été retirées le 22 ou 29 mai1942.
Il faisait partie d’un réseau de renseignements et d’action du Komintern (Internationale communiste) organisé par Robert Beck, Szyfra Lipszyc et Hittel Gruskiewicz. Il y eut une vingtaine d’arrestations.
Il comparut le 14 octobre 1942 devant le tribunal militaire allemand du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Il fut condamné à mort avec Robert Beck, André Lecler et Gilbert Bacot. Il y eut cinq autres condamnations aux travaux forcés à perpétuité.
Le 3 novembre 1942, Bénédikt Librod fut passé par les armes au Mont-Valérien en même temps que Gilbert Bacot et André Lecler. Inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).
La presse collaborationniste Le Matin, Aujourd’hui et Le Petit Parisien, se fit l’écho du verdict le 8 décembre 1942. À l’unisson, les trois journaux écrivirent que « la juive polonaise Szyfra Lipszyc, [était] accusée d’avoir favorisé l’ennemi et d’avoir appartenu à des formations de francs-tireurs. [...] La plupart [étaient] des Russes, des Polonais, des Juifs et quelques Français. Le but de cette organisation était de mettre en fonction un émetteur clandestin de TSF et la destruction des réserves françaises de céréales par incendie. » Ainsi était stigmatisée la Résistance. S’agissait-il de réserves de céréales ou de réserves de paille qui devaient être livrées aux Allemands ?
Après la Libération, Bénédikt Librod fut reconnu comme combattant volontaire étranger.
Sources

SOURCES : Arch. PPo. 77W 385, GB 103 BS2. – DAVCC, Caen, Boîte 5 / B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes.

Daniel Grason

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