Né le 5 mai 1923 Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne, Marne), fusillé le 30 avril 1944 à la prison de la Santé (XIVe arr.) ; manœuvre ; résistant membre des FTPF de Sarry (Marne).

Robert Massé
Robert Massé
Communiqué par J.-P. et J. Husson
Fils de Joseph, manœuvre, et de Marie, née Charron, Robert Massé demeurait à Sarry (Marne), travaillait comme manœuvre aux Ponts et Chaussées.
Au cours de l’été 1943, il participa à des sabotages dans la région. Pour se soustraire au STO, il rejoignit en octobre le groupe FTPF Patrie d’Ervy-le-Châtel dans l’Aube dirigé par Jules Trescartes, puis par Roger Thuiller. En décembre 1943, il fut blessé lors d’un accrochage avec des troupes d’occupation au cours duquel Roger Thuiller fut tué. Il prit alors la tête d’un groupe qui participa à des actions de représailles contre des collaborateurs et à des destructions de sacs de céréales destinés aux réquisitions allemandes.
Du 21 octobre 1943 au 24 février 1944, ces trente-trois hommes menèrent dans l’Aube et dans l’Yonne cent huit actions dont vingt et une pour se procurer du ravitaillement, dix cambriolages de mairies probablement pour récupérer des tickets d’alimentation et dix-huit bureaux de tabacs. Deux tentatives de meurtres échouèrent, mais dix-huit assassinats suscitèrent beaucoup d’émoi dans la population, si bien que les actions furent assimilées à celle de la « bande à Robert » (Robert Massé).
Son arrestation eut lieu le 25 février 1944 lors d’une opération conduite par la police française et les GMR. Il fut incarcéré à Châlons-sur-Marne où il subit plusieurs interrogatoires d’une grande violence. Il fut transféré à la prison de la Santé à Paris.
Vingt-neuf accusés comparurent le 30 avril 1944 devant une cour martiale composée du directeur du service pénitentiaire et de deux assesseurs qui siégèrent dans la prison de la Santé. Le tribunal se déclara incompétent pour vingt d’entre eux. Neuf jeunes d’un maquis de l’Aube et de l’Yonne, âgés de dix-neuf à vingt-trois ans, originaires de l’Aube, de la Marne et de Suresnes étaient accusés d’actions de résistance armée, de destruction de récoltes et de vols. Robert Massé, Guy Hénault, Alfred Godefroy*, Bernard Bosmayer, Albert Finance, Casimir Malak, Gaëtan Senlis, Claude Courvoisier et André Ott furent condamnés à mort et fusillés immédiatement par des miliciens dans un chemin de ronde de la prison à 6 h 40 du matin.
Une note des Renseignements généraux donna quelques échos des exécutions. Certains condamnés crièrent « Vive de Gaulle ! », « C’est malheureux d’être fusillés par des Français », « Je voudrais mourir avec un drapeau bleu, blanc, rouge portant la Croix de Lorraine ». Sur le chemin qui menait au lieu de la fusillade, ils chantèrent « La Marseillaise ». Ils appartenaient probablement à la résistance gaulliste. Après l’exécution des détenus qui assistèrent de leurs cellules à la fusillade ou qui entendirent le bruit des balles, chantèrent « L’Internationale » et scandèrent « Assassins ! » à l’adresse des bourreaux.
Le dimanche 28 avril 1946, il y eut une cérémonie rue Jean-Dolent, devant la prison de la Santé, où une plaque de marbre fut dévoilée : « Derrière ces murs 18 patriotes antifascistes furent exécutés sur les ordres d’un gouvernement au service de l’ennemi. Ils sont morts pour que vive la France. Français, n’oubliez jamais ! » Quarante-huit heures plus tard, l’Humanité en rendait compte en page une, par une simple photographie légendée, en « l’honneur de 18 patriotes guillotinés ou fusillés » dont Robert Massé.
Figure contestée de la Résistance auboise, l’action de Robert Massé fit l’objet de vives critiques après la guerre. Selon Sébastien Touffu « il semble bien qu’il ait quelquefois confondu résistance et aventure personnelle, mais il n’en demeure pas moins que son groupe a participé aussi d’une manière active à la lutte contre l’occupant ».
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BA 2117, 77W 813, 77W 1340. – Sébastien Touffu, La Résistance dans l’Aube, CRDP de Champagne-Ardennes-AERI, 2010. – F. Marcot (sous la dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, op. cit. – L’Humanité, 30 avril 1946. – L’Union,19 mars 1946. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, DVDrom, AERI, 2013. – Mémorial GenWeb. – État civil.

Daniel Grason

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