Né le 24 décembre 1911 à Paris (XVIIe arr.), exécuté sommairement le 8 juillet 1944 à Portes-lès-Valence (Drôme) ; fonctionnaire (sous-chef de bureau au ministère de l’Économie) ; résistant dans plusieurs réseaux de renseignement (Brutus-BCRA, Froment).

Robert Ettinghausen
Robert Ettinghausen
Les fusillés du 8 juillet 1944 à Portes-lès-Valence.
Les fusillés du 8 juillet 1944 à Portes-lès-Valence.
Ettinghausen est le troisième à gauche de la photo.
Le cliché a été pris par un photographe local Jacquin, les Allemands ayant abandonné les corps sur place.
Issu d’une famille bourgeoise (son père, Paul Ettinghausen, était directeur à la banque Rothschild, sa mère, au foyer, était née Andrée Lambert), Robert Ettinghausen avait deux sœurs, Marguerite (1909-1991), France (épouse Alekan), fréquenta le lycée Condorcet, fut bachelier puis étudia à l’École libre de sciences politiques et obtint une licence en droit et une licence de philosophie. Il fit son service militaire en 1932-1933.
Lieutenant de réserve mobilisé en août 1939, lieutenant d’administration, il fut fait prisonnier le 22 juin 1940 dans les Vosges mais s’évada le 24 juin. Sympathisant socialiste, Robert Ettinghausen appartint au réseau Brutus (BCRA) sous le pseudonyme d’Espieux ou d’Eluard. Selon une attestation du 15 juin 1945, entré en résistance le 1er juillet 1942, il rejoignit le réseau de renseignement Froment en août 1942. Chargé d’organiser la région de Vichy, recherché par les Allemands, il abandonna son poste au ministère des Finances et se consacra complètement à son travail de renseignement sous le nom de Christian. Il fut nommé, début 1944, chef régional de Lyon et réorganisa le réseau. Il fut nommé commandant le 1er juin 1944.
Robert Ettinghausen fut arrêté le 14 juin 1944 à Lyon, dans un restaurant, avec son cousin René Glotz. Ce dernier aurait été rapidement fusillé. Glotz était en possession d’un courrier pour Londres.
Robert Ettinghausen fut détenu à Montluc et fusillé le 8 juillet 1944 à Portes-lès-Valence (Drôme), comme otage, en représailles à un attentat commis par la Résistance dans ce centre ferroviaire (nuit du 6 au 7 juillet 1944, 18 locomotives détruites, 15 cheminots morts, 12 Allemands et 3 Français). Trente otages furent exécutés.
Depuis la Libération, la municipalité de Portes-lès-Valence organise chaque année, en juillet, une cérémonie pour honorer ces fusillés. Leurs noms figurent sur une stèle.
Il reçut la Légion d’honneur à titre posthume.
Sources

SOURCES : Arch. Nat., F 12/11 830. — Notes de Marc Alekan, son neveu maternel. – Jean-Marc Binot, Bernard Boyer, Nom de code : Brutus. Histoire d’un réseau de la France libre, Fayard, p. 100-101, 288 et annexe II. – Attestations de Georges Bidault et de Montgomery. – Ct Pons, De la Résistance à la Libération. Défense du Vercors sud, P. Pons éditeur, Domergue/Romas, s.d. (vers 1964), p. 134, p. 273. —Joseph La Picirella, Témoignages sur le Vercors, 14e édition, 1991, p. 197. — Permezel, op. cit., p. 234. — Stèle des fusillés Portes.

Claude Pennetier

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