Né le 14 avril 1907 à Brest (Finistère), fusillé le 3 décembre 1942 à Biard (Vienne) ; ouvrier chaudronnier ; communiste ; membre des FTP du Finistère.

Carte d'identité de Joseph Berthou en 1941
Carte d’identité de Joseph Berthou en 1941
Maurice Rouzier, op. cit.
Joseph Berthou naquit dans une famille ouvrière de quatre enfants, originaire de Landerneau (Finistère), qui s’installa par la suite à Brest ; il était le troisième enfant. Sa sœur aînée mourut l’année de sa naissance. Son père, menuisier, puis charpentier, travailla ensuite à l’Arsenal de Brest.
Il fut lui-même ouvrier-fondeur à Brest, puis mécanicien à Morlaix où il rencontra sa future épouse, Aline Bloch, de neuf ans son aînée. Il se maria en 1929 à Saint-Martin-des-Champs près de Morlaix. Ils eurent trois enfants, mais l’aîné mourut peu après sa naissance. Le couple s’installa à Concarneau où Berthou travailla dans une entreprise de travaux publics.
Militant syndicaliste et communiste dès le début des années trente, il s’impliqua dans la solidarité avec les républicains espagnols et eut des responsabilités au Secours rouge. Après le Pacte germano-soviétique, il devint l’un des responsables du Parti communiste clandestin à Concarneau dont la municipalité, dirigée par Pierre Guéguin, fusillé à Châteaubriant le 22 octobre 1941, fut dissoute. D’abord centrée sur la diffusion et l’affichage de tracts, dont l’Humanité clandestine, l’activité s’orienta vers le sabotage de lignes électriques. Berthou fit l’objet d’un mandat d’internement du préfet du Finistère en date du 8 août 1941 ; il échappa aux gendarmes venus l’arrêter chez lui et se cacha chez Pierre Guillou à Kerviniou (Concarneau, Finistère).
Selon l’avocat, Berthou, devenu interrégional, arriva le 9 mai 1942 à Poitiers et le 16 à Thouars où un groupe de l’Organisation spéciale (l’OS 680) sabotait des locomotives et des trains d’atterrissage, ces derniers fabriqués à l’usine Rusz pour le compte de l’occupant. Berthou fut arrêté le 26 ou le 29 mai 1942 (selon les sources) à Thouars par la gendarmerie française, porteur d’une arme, sous le nom de Jean Perron, « père de cinq enfants, sans domicile fixe ». La police allemande, prévenue, vint chercher Berthou, selon le rapport des gendarmes. Selon le rapport du commissaire de police judiciaire, il fut hébergé plusieurs jours chez Jean Brunet. Il avait également comme pseudonyme Saliou, nom de jeune fille de sa mère.
Il fut jugé par le tribunal de guerre de la Feldkommandantur 677 de Poitiers du 18 au 24 novembre 1942, en même temps que les résistants du groupe de l’OS 680, arrêtés pour la plupart début juin, à la suite d’un sabotage manqué sur un transformateur en gare de Thouars le 20 avril 1942. Selon André Forestier, il apostropha le tribunal, proclama la défaite prochaine de l’Allemagne et prit l’entière responsabilité des actes reprochés au groupe. Il y eut quinze condamnations ; dont onze à mort. Onze accusés furent déportés dont les trois femmes condamnées à mort. Joseph Berthou a été fusillé le 3 décembre 1942 à Biard avec ses sept camarades.
Il fut inhumé dans cette commune ; la mention « sans domicile fixe » fut portée sur les documents administratifs. Sa dernière lettre, adressée à sa famille, fut retrouvée à la Libération, dans sa cellule, cachée sous une pierre, à la prison Pierre-Levée (Poitiers).
Après la guerre, son corps fut rapatrié au cimetière de Saint-Martin-des-Champs. Le conseil municipal de Concarneau décida dans sa séance du 3 septembre 1945 de débaptiser des rues afin de leur donner le nom de résistants de la ville, « morts pour la France ». Ainsi, la rue Nationale devint la rue Joseph-Berthou ; la pose de la plaque eut lieu le dimanche 28 avril 1946. La population prit l’habitude de désigner par son nom l’école maternelle, située dans cette rue. Une plaque, récemment posée à l’entrée de l’école, officialisa en quelque sorte cette habitude.
Sources

SOURCES : AVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – : Arch. Mun. Quimper, fonds Alain Le Grand, 22 J 210. — Eugène Kerbaul, 1 270 militants du Finistère, imprimerie commerciale de Rennes. – Michel Guéguen, Louis-Pierre Le Maître, Les Ailes de la Mer. – Concarneau (1939-1945), Tome I. – Mémoire d’André Forestier et souvenirs de Robert Sibileau, résistants du groupe de l’OS (Centre régional « Résistance & Liberté », Thouars). – Lettre de Julienne Bonnard née Wadoux, agent de liaison du groupe, 1984 (archives de la Fédération des Deux-Sèvres du PCF). – Lettre de Pierre Le Rose, 15 avril 1999 (archives Guy Deniel, Niort). – Entretien avec les petits-enfants de Joseph Berthou, Mme et M. Le Squint, La Roche Maurice (Finistère), septembre 2010 et leurs archives : procès-verbal d’arrestation, établi par la gendarmerie, certificat d’inhumation, article paru le 8 décembre 1945 dans le Télégramme de Brest, dernière lettre de Joseph Berthou, décision du conseil municipal de Concarneau. – Notes Jean-Yves Pineau et Jack Berge. – État civil, Landerneau et Brest.

Maurice Rouzier

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