Né le 28 février 1898 à Charenton-le-Pont (Seine, Val-de-Marne), fusillé comme otage le 20 septembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; charpentier.

Fils de Bertrand, charpentier, et d’une mère non dénommée sur son acte de naissance, Roger Peyrat exerça la même profession que son père, charpentier. Il épousa Louise Antoine le 28 juin 1917 à la mairie du XXe arrondissement à Paris.
Le 25 mai 1941 vers 22 heures, une altercation opposa Roger Peyrat à une sentinelle allemande dans la salle des grandes lignes de la gare du Nord (Paris, Xe arr.). Le soldat allemand tira sur lui ; il fut touché au ventre et conduit à l’hôpital. Selon le télégramme d’un policier au commissariat du Xe arrondissement, Roger Peyrat « s’était rebellé au moment d’être conduit devant l’officier de gare ». Sa blessure fut qualifiée de très grave. Selon la même source, il était sans domicile connu, mais sa famille fut prévenue et Peyrat interné dans un hôpital.
Le 16 septembre 1941, le capitaine Wilhlem Scheben ayant été abattu, un avis daté du 20 septembre fut publié le 22 septembre en page une des journaux collaborationnistes Le Matin et Le Petit Parisien. Signé Von Stülpnagel, commandant des troupes allemandes en France, il annonçait que par mesure de répression douze otages étaient fusillés dont Roger Peyrat pour « Agression contre des soldats allemands ». Il menaça : « en cas de récidive, un nombre beaucoup plus considérable d’otages serait fusillé ».
On compte, parmi les fusillés, trois avocats communistes : Georges Pitard, Antoine Hajje et Michelis Rolnikas. Les deux premiers étaient qualifiés de « fonctionnaire communiste », le troisième de « Juif » et de « propagateur d’idées communistes ». Quatre détenaient illégalement des armes, l’un était auteur de tracts, un autre en détenait, l’un avait commis un acte de sabotage. Le dernier (Roger Peyrat) s’était, selon le texte, livré à une agression contre des soldats allemands.
Sur la même page, il fut rendu compte de la cérémonie des obsèques en l’église de la Madeleine du capitaine Wilhlem Scheben.
Sources

SOURCES : Arch. PPo, 77W 55. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 2 / AJ41 245, Liste S 1744-1704/41 (Notes Thomas Pouty). – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit.Le Matin et Le Petit Parisien, 22 septembre 1941. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Charenton-le-Pont.

Daniel Grason

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