Né le 12 avril 1894 à Bousk (Pologne), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier chapelier.

Israël Goldstein
Israël Goldstein
Israël Goldstein et son fils Léopold.
Israël Goldstein et son fils Léopold.
Fils de Mayer et de Minda, née Berman, Israël Goldstein arriva en France le 3 août 1923. Il demeura 56 quai de Jemmapes, à Paris (XXe arr.), 7 rue de Malte (XIe arr.), puis en 1941, 11 rue Saint-Gilles (IIIe arr.). Il épousa en 1921 Szyfra Kachaner. Le couple eut un fils, Léopold, né le 16 février 1930 dans le XIIIe arrondissement, qui devint français par déclaration le 31 janvier 1931.
Quand le gouvernement de Vichy promulgua un statut des Juifs en 1940 et 1941, Israël Goldstein s’y conforma. Il exerçait son métier d’ouvrier chapelier à son domicile. Il fut arrêté le 19 août 1941 dans l’un des cafés du IIIe arrondissement. Ce jour-là dans ce quartier, lors d’une opération d’ensemble, des policiers interpellèrent une centaine de Juifs. Il y eut trente-deux visites domiciliaires, dont celle du logement d’Israël Goldstein : des cartes de membres de la CGT et quatre tickets de métro périmés, découpés en forme de V surmontés d’une croix de Lorraine, furent saisis.
Interné au camp des Tourelles (XXe arr.), puis le 22 août au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) réservé aux Juifs, Israël Goldstein fut enfin incarcéré à la prison allemande du Cherche-Midi (VIe arr.).
La Section spéciale de recherches (SSR) des Renseignements généraux, était chargée depuis 1937 de la surveillance des étrangers. Louis Sadosky, responsable du rayon « allemand » et « polonais » fut nommé en 1941 responsable du rayon « juif », rompant ainsi avec le principe de la nationalité.
Israël Goldstein se transforma sous sa plume en militant politique : « Suspect au point de vue politique, sympathisant des théories communistes et susceptible de se livrer à la propagande clandestine en faveur de ``l’Ex-Général’’ de Gaulle et de la IIIe Internationale. Dangereux pour l’ordre public. » Israël Goldstein fut désigné comme otage, passé par les armes le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, et inhumé au cimetière de Suresnes.
Sa femme Szyfra quitta Paris avec son enfant pour échapper aux persécutions raciales ; ils séjournèrent d’août 1942 à la fin 1944 à Pierres dans l’arrondissement de Chartres (Eure-et-Loir). De retour à Paris, elle habita avec son fils dans son logement de la rue Saint-Gilles. Finisseuse en casquettes, elle travaillait pour différentes maisons de confection. Très proche du Parti communiste, elle milita au conseil de la paix du IIIe arrondissement, fut déléguée aux Assises de la paix des 22 et 23 décembre 1951 Porte de Versailles.
Léopold Goldstein fut adopté par la Nation le 22 juin 1946. Très bon élève, il poursuivit de brillantes études ; inscrit à la faculté de pharmacie de Paris, il obtint le 25 juin 1954 le diplôme de docteur en pharmacie. Il milita dès 1950 au Parti communiste, fut secrétaire des étudiants communistes en pharmacie. Militant actif, il fut interpellé le 24 janvier 1951 lors de la manifestation contre la venue du général Eisenhower, puis le 4 juin 1952 alors qu’il participait à une distribution de tracts et à un collage d’affiches.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BA 2439, KB 95, 77W 1720. – DAVCC otage B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – Louis Sadosky, brigadier-chef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes.

Daniel Grason

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