Né le 30 juin 1921 à Darmstadt (Allemagne), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; tailleur d’habits ; militant communiste.

La famille Schipke en 1927.
La famille Schipke en 1927.
Hermann Schipke en 1940
Hermann Schipke en 1940
La famille Schipke en 1934
La famille Schipke en 1934
Fils d’Aaron et de Golda Schipke, née Grundman, de nationalité polonaise, Hermann Schipke habitait chez ses parents 38 rue Traversière, à Paris (XIIe arr.). Il avait été autorisé par la préfecture de police le 13 juillet 1940 à vendre des journaux allemands à la criée sur la voie publique, de juillet à août 1940. Cette autorisation fut donnée au moment où des responsables communistes négociaient avec les Autorités allemandes pour que l’Humanité reparaisse légalement.
Il fut arrêté par des policiers le 19 août dans la rue Jean Macé dans le XIème arrondissement, les policiers faisaient un contrôle en vue d’arrêter les juifs. Il était à bicyclette en compagnie de son Oncle Hiller Grundman. Les deux vélos ont été saisis et entreposés dans la cour de la cité paroissiale Sainte Marguerite 6 rue Jean Macé.
Il a été arrêté une seconde fois le 4 octobre 1940 pour avoir collé des papillons communistes qualifiés de « subversifs » sur les murs d’un immeuble au 45 rue de Lyon et condamné par un tribunal militaire allemand le 6 novembre 1940 à une peine de six semaines de prison (inscrite au sommier judiciaire de la police), qu’il a purgée. Il a été relâché à l’issue de sa peine. Il a poursuivi ses activités clandestines pour être malencontreusement arrêté à nouveau. Il était considéré par les services de police comme militant communiste et propagandiste très actif des idées révolutionnaires.
À l’issue de sa peine, il fut transféré au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) réservé aux juifs. Louis Sadosky, responsable du rayon Juif de la Section spéciale de recherches (SSR) écrivit : « Suspect du point de vue politique. Propagandiste actif en faveur de la IIIe Internationale. Dangereux pour l’ordre public ». Remis aux autorités d’occupation le 12 décembre 1941, il était transféré le 14 décembre 1941 au Mont Valérien. Hermann Schipke fut passé par les armes le 15 décembre 1941.
Son père Aaron né en 1888 à Constantinople (Turquie) demeurait à la même adresse que son fils Hermann. Probablement arrêté lors des rafles de juillet 1942, il était déporté dans le convoi n° 10 au départ de Drancy à Auschwitz (Pologne), il y mourut.
Nos remerciements à Jacques Wenig qui nous a transmis par l’intermédiaire de Jean Darracq de l’Association nationale des familles et massacrés de la Résistance des photographies et des informations sur Hermann Schipke.
Sources

SOURCES : Arch. PPo. BA 2439, KB 95. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – Louis Sadosky, brigadier-chef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC.

Iconographie
Photographies transmises par la famille.

Daniel Grason

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