Née le 6 juillet 1918 à Vienne (Autriche), guillotinée le 16 décembre 1943 en Allemagne ; mécanicienne en fourrure ; militante du Travail allemand (TA).

Gertrud Weisler
Gertrud Weisler
Fille de Sigmund et de Fanny, née Hornik, Gertrud Weisler suivit l’école primaire supérieure en Autriche. Elle vint en France en septembre 1937 où elle régularisa sa situation de réfugiée. Elle vécut avec son compatriote Ernest Blaukopf en hôtel, 26 avenue Mathurin-Moreau à Paris (XIXe arr.) puis 8 rue Jacques-Cartier (XVIIIe arr.).
Quand les lois antijuives de Vichy furent promulguées, notamment celle du 2 juin 1941 faisant obligation de se faire recenser en tant que juive, elle eut recours à des faux papiers fournit probablement par l’organisation. Elle devint Gertrud Gombert, née Germaine Boulanger. Elle travaillait comme mécanicienne en fourrure chez Fischer 9 rue du Faubourg-Poissonnière (IXe arr.).
Militante du Travail allemand (TA), elle remettait sous enveloppe des tracts du Front national rédigé en allemand à des hommes des forces d’occupation. Un militantisme très dangereux dont la direction fut confiée à Artur London. Irma Mico témoigna dans l’ouvrage de Louis Gronowski dit Brunot : « La plupart des femmes du TA étaient juives, une raison de plus pour nous inciter à la démoralisation de cette armée qui se croyait invincible. »
Le 21 juillet 1943, lorsqu’elle entra dans sa chambre, elle fut accueillie par trois inspecteurs de la BS1. Dans son sac à main, ils trouvèrent une enveloppe avec cinq tracts signés du Front national rédigés en allemand. Dans une valise de linge de corps appartenant à Blaukopf, des tracts de même nature furent trouvés.
Emmenée à la préfecture de police, Gertrud Weisler fut interrogée par Fernand David, commissaire de la BS1. Elle déclara qu’elle n’était membre d’aucun parti politique ni du Front national, ce qui paraît peu vraisemblable. Quant aux tracts, ils lui furent remis par son ami : « J’étais obligée d’assurer la diffusion en compensation de la fourniture par l’organisation d’une fausse carte d’état civil. »
Elle déclara que les faux papiers avaient été fournis par Albert Kraus. Ce dernier exigeait en compensation la diffusion des tracts sous peine de dénonciation. Elle diffusait les tracts remit par Blaukopf depuis octobre 1942, recherchant la compagnie de soldats allemands. Elle acceptait de boire un verre en leur compagnie, parfois de sortir avec eux. À l’issue des rencontres « Je leur remets une enveloppe qui contient les tracts [...] en leur demandant de lire ceci ». Elle affirma qu’aucun soldat n’ouvrit l’enveloppe en sa présence. Elle n’avait aucune idée de l’impact de cette propagande. Elle soutint qu’elle travaillait seule sans toucher la moindre rétribution.
Livrée aux autorités allemandes, Gertrud Weisler comparut le 15 septembre 1943 devant le tribunal militaire allemand, rue Boissy-d’Anglas à Paris (VIIIe arr.), elle fut condamnée à mort pour « propagande défaitiste et juive ». Transférée à Düsseldorf (Allemagne), sur ordre du procureur général auprès du tribunal spécial, elle fut guillotinée le 16 décembre 1943.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., 77W 738, KB 74. – DAVCC, Caen B VIII (Notes Thomas Pouty). – Louis Gronowski Brunot, Le dernier grand soir. Un Juif de Pologne, Paris, Le Seuil, 1980.

Iconographie
Photographies : Arch. PPo. GB 170

Daniel Grason

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