Né le 12 mars 1918 à Paris (Xe arr.), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; étudiant en médecine ; militant communiste ; résistant.

Fils de Gabrielle Saugues, vingt ans, vendeuse, Gaston fut reconnu par Gaston Louis, Picard, tourneur. Le couple légitima l’enfant par leur mariage le 4 février 1919 à la mairie du XIXe arrondissement de Paris.
Gaston Picard, à vingt-quatre ans, poursuivit des études de médecine à la fondation Deutch. Il milita aux Jeunesses communistes (JC) de France et habita 144 rue Martre à Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine). Pendant la guerre, il était à la recherche d’un logement. Son amie Gilberte Thibaudat s’adressa à son beau-frère Roger Lerat. Gaston Picard emménagea au 120 rue de la Tombe-Issoire dans le XIVe arrondissement. Il était en relation avec des membres de l’organisation communiste qui imprimait la propagande clandestine.
Le 18 juin 1942, deux inspecteurs de la BS1 interpellèrent Gaston Picard dans le cadre de l’affaire Tintelin. Lors de la perquisition de son domicile, des documents ayant trait à la propagande clandestine furent saisis : des affichettes du Front national, une machine à écrire et des caractères d’imprimerie. Il fut inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939 pour complicité et fut emmené dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police pour interrogatoire. Incarcéré au Dépôt, il fut livré aux Allemands le 10 août 1942 au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis).
Le lendemain 11 août, quatre-vingt-huit otages, dont Gaston Picard, ont été fusillés au Mont-Valérien à 8 h 20. Le même jour, le journal collaborationniste Le Matin publiait un « Avis » signé d’un responsable SS : « Malgré plusieurs avertissements, le calme a à nouveau été troublé sur certains points de la France occupée. Des attentats ont été perpétrés contre des soldats allemands par des terroristes communistes à la solde de l’Angleterre. »
Le corps de Gaston Picard fut incinéré au Père-Lachaise. L’urne funéraire fut restituée à sa famille le 7 janvier 1945 puis inhumée dans le carré des fusillés du cimetière communal de Clichy-la-Garenne. Son nom figure sur le monument aux morts 1939-1945 de la ville ainsi que sur celui d’Ivry-sur-Seine.
Gaston Louis Picard, son père, chef d’atelier de mécanique, déclara le 14 mars 1945 devant la commission d’épuration de la police : « Je sais qu’il n’a pas été battu, grâce à l’intervention d’un fonctionnaire de la préfecture de police qui le connaissait de vue ; c’est grâce à ce fonctionnaire que j’ai pu voir mon fils [...] effectivement il ne portait aucune trace de coups et il ne s’est pas plaint d’avoir été maltraité. [...] Je porte plainte contre les policiers qui ont procédé à l’arrestation de mon fils, les considérant comme ayant une part de responsabilité dans sa mort. »
Sources

SOURCES : Arch. com. Ivry-sur-Seine. – Arch. PPo., BA 2117, KB 21, PCF carton 13, rapports hebdomadaires sur l’activité communiste, 77W 385. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit.Le Matin, 11 août 1942. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC XLV-45. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (XIXe arr.). — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 475128 (nc).

Daniel Grason

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