Né le 9 août 1920 à Bogueim (Pologne) [ le 9 août 1926 à Bogucin], fusillé le 10 mars 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; manœuvre, garde-voie ; résistant FTPF, membre du détachement Marceau.

De nationalité polonaise, Louis Furmanek vivait 33 rue Galande à Gonesse (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Il aurait rejoint les FTP en juin 1943, et participa à deux actes de sabotage sur des voies ferrées. Le 10 août 1943, il agressa un garde-voie à Goussainville.
Le 8 septembre vers 18 h 50, il était dans l’équipe qui attaqua la brasserie Andrès située 4 rue Saint-Laurent à Paris (Xe arr.), réquisitionnée par les Allemands. Un cycliste lança une grenade Mills au milieu de la salle. Il y eut une dizaine de blessés, dont trois femmes et un homme de nationalité italienne. Tous furent emmenés en ambulance à l’hôpital.
Le docteur Paul Guérin, membre du Parti populaire français (PPF), présidait le Groupement sanitaire français qui regroupait, selon Le Petit Parisien, environ deux mille médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, auxiliaires médicaux, infirmières, assistantes sociales, sages-femmes et paramédicaux. Il tenait la rubrique médicale dans l’hebdomadaire collaborationniste et antisémite Je suis partout.
Le 27 septembre 1943 vers 9 heures, au moment où il déposait son courrier à la poste de la rue de Courty (VIIe arr.), trois FTP tirèrent quatre balles sur lui, dont une seule le blessa sérieusement au bras droit, touchant l’artère. Un automobiliste mit son véhicule à la disposition de deux gardiens de la paix, et les FTP furent rejoints rue Saint-Guillaume, où deux furent touchés par les policiers : Louis Furmanek, armé d’un pistolet automatique et d’une grenade, ainsi que Maurice Charpentier.
Hospitalisé à la Pitié, Louis Furmanek fut ensuite incarcéré à Fresnes. Il comparut le 29 février 1944 devant le tribunal du Gross Paris siégeant rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « actes de franc-tireur », il fut passé par les armes le 10 mars 1944 ainsi que Maurice Charpentier.
L’abbé Franz Stock qui assistait les condamnés écrivit le 10 mars :« Vendredi 10.3.44, 7 exécutions, Visites à Fresnes, 3e division. Puis 7 exécutions l’après-midi : Bordeje Galo 1919 ; Lorgnet Pierre 1921 ; Réaubourg Emile 1919 ; Charpentier Maurice 1919 ; Delagarde Charles 1913 ; Drouhot Albert 1911 ; Furmanek Louis 1926 ; se sont confessés et ont communié tous les 7, alors que, communistes, ils oeuvrent pour la cause. Enterrés à Ivry. »
Le nom de Louis Furmanek fut gravé sur le monument aux morts de Gonesse, dont une rue porte son nom. Le ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre le fit sergent FFI à titre posthume.
Selon son neveu : "mon père disait de son frère qu’il avait menti sur son état civil pour protéger sa famille et paraitre comme majeur et donc pleinement responsable de ses actes."
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BA 1748, BA 2117, PCF carton 15 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation. – DAVCC, Caen, Boîte 5 Liste S 1744 (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Yvelines, 1 W 280 (Nadia Ténine). – Le Petit Parisien, 30 septembre 1942. – Le Matin, 28 septembre 1943. – Site Internet Mémoire des Hommes. — Notes de Jean-Louis Furmanek. — Franz Stock, Journal de guerre. Écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien, Cerf, 2017.

Daniel Grason

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