Né le 15 avril 1924 à Bobital (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), fusillé le 31 mai 1944 à Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine) ; tailleur de pierres ; membre du Parti communiste clandestin ; résistant au sein des FTPF.

Hippolyte Thomas était le fils d’Alexis Thomas, carrier né à Bobital le 7 avril 1890, et d’Ernestine Marmion, ménagère née à Bobital le 7 juillet 1899. Tailleur de pierre dans le bassin du Hinglé (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), profondément marqué par la culture revendicative et révolutionnaire de la profession, Hippolyte Thomas avait, comme beaucoup de ses compagnons de travail, intégré la Résistance au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP). Il fit partie du groupe chargé de mener des opérations militaires sensibles dans les régions de Dinan et de Vitré (Ille-et-Vilaine).
La libération de deux membres de la direction FTP d’Ille-et-Vilaine, Jean Marie Guérillon et Jean Marguerite, arrêtés le 1er avril 1944 à Dinan, devint un objectif majeur. Après une première tentative infructueuse, une vingtaine de résistants puissamment armés de revolvers et de mitraillettes s’introduisirent dans la nuit du 11 au 12 avril 1944 au sein de la prison de Dinan pour les exfiltrer. Cette opération, qui resta dans la mémoire collective comme un fait d’armes relevant de l’épopée, fut menée sous la responsabilité personnelle de Louis Pétri, chef des FTP d’Ille-et-Vilaine.
Le 8 mai suivant, Hippolyte Thomas fut arrêté avec Francis Lafranche au moment où ils prenaient des repères pour tenter de libérer Louis Hesry et Charles Maillard. Il fut livré aux Allemands, qui l’incarcérèrent à la prison Jacques-Cartier de Rennes (Ille-et-Vilaine). Le 30 mai, il fut jugé et condamné à la peine de mort. Le lendemain, 31 mai 1944, il a été fusillé à 6 h 35 au camp militaire de La Maltière en Saint-Jacques-de-la-Lande, avec ses neuf camarades Marcel Blanchard, Jean-Baptiste Brault, René Fayon, Jean Garnier, Louis Hesry, Francis Lafranche, Henri Laplanche, Charles Maillard et Jean Perquis. Hippolyte Thomas avait vingt ans.
Il fut d’abord inhumé au cimetière de l’Est à Rennes. Exhumé le 16 septembre 1944, il fut enterré au cimetière de Bobital. Son nom figure sur La plaque du camp de La Maltière en Saint-Jacques-de-la-Lande et sur Le monument de la Résistance et de la Déportation à Dinan. Son acte d’état civil comporte la mention « Mort pour la France ».
Site des Lieux de Mémoire du Comité pour l’Étude de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Côtes-d’Armor, 1043W21. – « Épopées glorieuses de la Résistance dans les Côtes-du-Nord », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 2, 1995. – Louis Pétri, Les hommes du Maquis, Le Patriote de l’Ouest, 1945. – Alain Prigent, Serge Tilly, « Les fusillés et les décapités dans les Côtes-du-Nord (1940-1944) », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 12, 2011. – Serge Tilly, « L’Occupation allemande dans les Côtes-du-Nord (1940-1944), Les lieux de mémoire », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 10, 2004 et no 11, 2005. – Collectif, Le peuple des carrières, Éd. Apogée, 2011. – État civil, Bobital.

Alain Prigent, Serge Tilly

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