Né le 10 mai 1909 à Michaelovska (Slovaquie), fusillé le 9 mars 1943 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; mécanicien ; militant communiste ; résistant au sein des FTP-MOI.

Fils d’Ivan et de Maria, née Gondia, Juvko Rohac, muni d’un passeport tchécoslovaque visé à Bruxelles, entra en France en août 1939. Il s’engagea dans la légion tchécoslovaque à Agde (Hérault), combattit dans la Somme, fut démobilisé le 10 août 1940 et maintenu au groupement des prestataires à Agde jusqu’au 16 juin 1941. Il franchit la ligne de démarcation, habita au « Lux hôtel », 12 rue Caffarelli à Paris (IIIe arr.), du 10 juillet au 24 juillet 1941. Ayant perdu son passeport dans les combats, il avait pour seule pièce d’identité son certificat de démobilisation d’Adge. Interpellé par des policiers boulevard du Temple le 28 novembre 1941, il fut interné à la caserne des Tourelles (XXe arr.). Embauché par les Allemands, il fut libéré et accepta d’aller travailler dans les Ardennes. Il partit le 30 janvier 1942, et revint à une date inconnue, sous l’identité d’Anton Popa, roumain, médecin-dentiste ou interprète selon les hôtels où il logeait.
Un nommé Maurice Lefranc loua pour Anton Popa le 1er août 1942 une chambre de bonne au 8e étage du 3 rue Manin (XIXe arr.). Juvko Rohac intégra les Francs-tireurs et partisans français-Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) formés en juin 1942. Avec Andrei Sas Dragos, dit Jaroslaw Martunek, Nicolas Cristea, dit Joseph Copla, Carol Golstein, dit Ion Cracium, membres du 1er détachement des FTP-MOI, il réalisa un attentat retentissant le 5 août 1942 vers 9 heures au stade Jean-Bouin (XVIe arr.). Une cinquantaine de soldats de la Luftwaffe effectuaient le tour de la piste, deux grenades furent lancées par les FTP ; bilan deux morts, cinq hommes grièvement blessés.
Dans la matinée du 15 août, un homme déposa une valise gare de l’Est au nom de Jacques Naguy. Le lendemain, plusieurs hommes des services de l’octroi l’ouvrirent, et découvrirent à l’intérieur cinquante-cinq grenades anglaises Mills. Prévenus, des militaires de la Geheimfeldpolizei (GFP) enlevèrent les armes, mais la valise resta à la consigne. Des inspecteurs de la police judiciaire et de la BS2 tendirent une souricière : le 17 août vers 12 h 40, Juvko Rohac se présenta pour retirer la valise, mais prit finalement la fuite et retrouva un FTP dans la salle des pas perdus de la gare. Tous deux s’engouffrèrent dans le métro. Les policiers rejoignirent Juvko Rohac rue des Amandiers (XXe arr.) ; il porta la main à sa poche, un inspecteur tira, le blessant deux fois à la cuisse.
Il fut emmené à l’hôpital Tenon (XXe arr.), puis fut livré au Sonderkommando IV de la GPF à l’hôtel Bradford. Le tribunal de guerre de l’armée de l’air allemande décida le 9 mars 1943 de l’exécuter le jour même, en même temps que Nicolas Cristea, Andrei Sas Dragos et Carol Goldstein.
L’inhumation de Juvko Rohac eut lieu dans le carré des corps restitués aux familles au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).
Sources

SOURCES : Arch. PPo. BA 1747, BA 1752, PCF carton 13 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation, 77W 415. – DAVCC, Caen, Boîte 5 / B VIII 4 (Notes Thomas Pouty). – Mémorial GenWeb.

Iconographie
PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 186 cliché du 18 août 1942.

Daniel Grason

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