Né le 1er novembre 1921 à Paris (Ier arr.), fusillé comme otage le 7 mars 1942 au champ de tir de Biard (Vienne) ; manutentionnaire, apprenti, garçon de salle ; militant communiste.

Fils de Rachel, née Bernard, modiste, il fut reconnu par sa mère le 19 novembre 1921 et par son père, Pierre Martin, le 17 novembre 1934. Roland Martin habita quelques années au 119 rue de Fontenay à Rosny-sous-Bois, puis en 1936 au 44 rue des Blancs-Vilains à Montreuil-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis) où il vivait avec sa mère. Il travailla dès l’âge de treize ans, fut cinq ans manutentionnaire à la Société parisienne de confection au 54 rue de Provence à Paris (IXe arr.), de juin à septembre 1939 il débuta un apprentissage dans la métallurgie, chez Véga dans le XXe arrondissement. Le 18 janvier 1940 il trouva un emploi à l’hôpital Lariboisière comme garçon de salle. Il prit le chemin de l’exode le 12 juin 1940, résida à Oloron (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques). Il revint au domicile de sa mère le 10 septembre 1940.
Membre des Jeunesses communistes depuis 1937, il reprit contact avec des membres de l’organisation, dont il devint le secrétaire. Les quelques membres des JC se réunissaient le mercredi et le vendredi au domicile de Roland Martin. Le 20 octobre 1940, vers 4 heures du matin, il fut interpellé avec plusieurs jeunes communistes par des policiers du commissariat de la ville. Ils apposaient des tracts et des papillons sur les murs, traçaient des inscriptions à la chaux et au minium sur les murs et la chaussée. Du matériel d’impression, des tracts et des brochures de l’organisation furent saisis à son domicile.
Emprisonné en région parisienne, il comparut le 19 mars 1941 devant la cour d’appel de Paris qui le condamna à un an de prison, fut incarcéré à la prison de Poissy (Seine-et-Oise, Yvelines). Sa mère écrivit le 15 avril 1941 au préfet de police ; elle faisait part des difficultés familiales, le père adoptif de Roland étant mort le 12 février. L’emprisonnement de son fils l’affectait beaucoup : « je suis bien peiné du malheur qui m’arrive », elle lui demandait « de bien vouloir protéger un peu ce pauvre petit qui a agi comme bien d’autres sans vouloir faire mal. Mais il est pénible de voir ses enfants dans cet état si pénible, mourant de faim, de froid, au régime des gens malhonnêtes ». En conclusion, elle lui demandait « de bien vouloir me rendre mon fils ». À l’expiration de sa peine, Roland Martin fut interné le 19 septembre 1941 au camp de Rouillé (Vienne).
Le dimanche 1er mars 1942 vers 9 h 30, une sentinelle allemande postée devant le groupe scolaire du 41 rue de Tanger (XIXe arr.) fut tuée par Karl Schoenharr, jeune de l’Organisation spéciale (OS). L’école servait de lieu de cantonnement à des soldats allemands. Un autre membre de l’OS déposa un engin qui n’explosa pas. D’autres membres assuraient la protection et le repli se déroula sans problème. Le lendemain, un « Avis » paraissait dans Le Matin qui donnait le signalement du tireur et le numéro de téléphone des Renseignements généraux.
En représailles à cet attentat, les Allemands décidèrent de fusiller des otages : Gaston Huart du XVIIIe arrondissement, Roger Jurquet et Roland Martin, tous les deux membres des Jeunesses communistes de Montreuil-sous-Bois furent passés par les armes le 7 mars 1942 à Biard.
Inhumé près de Poitiers à la Ferme Saint-Benoit, il fut réinhumé après la Libération dans le carré des victimes de la guerre 1939-1945 de Montreuil-sous-Bois. Son nom figure sur une plaque commémorative posée au 10 rue Victor-Hugo dans la même ville : « Honneur aux communistes de Montreuil tombés pour une France libre, forte et heureuse. »
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BA 1747, BA 1752, BA 2298. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Le Matin, 2 mars 1942. – J.-M. Berlière, F. Liaigre, Le sang des communistes. Les Bataillons de la jeunesse dans la lutte armée, Fayard, 2004. – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Vienne Résistance Internement Déportation (VRID). – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (Ier arr.).

Daniel Grason

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