Né le 23 janvier 1899 à Dugny (Seine, Seine-Saint-Denis), fusillé après condamnation le 13 octobre 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; électricien.

Fils de Louis, jardinier, et d’Alphonsine, née Philippe, jardinière, Alphonse Fillon épousa Marie Meynadier. Le couple était sans enfant. Il demeura au 56 rue Notre-Dame-de-Lorette à Paris (IXe arr.), puis chez sa sœur et son beau-frère au 90 rue de Romaincourt à Stains (Seine, Seine-Saint-Denis), et travaillait à la compagnie Thomson-Houston à Saint-Ouen.
La mésentente régnait dans le couple, avec des violences ; à la fin octobre 1936 ils se séparèrent sans divorcer. Marie Fillon habitait en août 1941 52 chemin du Bras-du-Chapitre à Créteil (Seine, Val-de-Marne) où elle vivait avec Eugène P., veuf avec trois enfants, cantonnier à la Ville de Créteil. Un jour d’août 1942, Alphonse Fillon vint faire du grabuge à Créteil, menaçant sa femme de violences. Un voisin de palier, Jean D., alerté par le bruit, intervint, les deux hommes s’empoignèrent, une croix de Lorraine tomba d’une poche du veston de Fillon.
À l’insu de son compagnon, Marie Fillon signala à un ouvrier électricien à la compagnie Est lumière à Créteil, membre actif du Parti populaire français, que son mari possédait deux pistolets. Elle s’entendit avec lui pour dénoncer son mari. L’ouvrier électricien adressa le 24 août 1942 une lettre de dénonciation à la Kreiskommandantur de Nogent-sur-Marne.
Arrêté par les Allemands, incarcéré à la prison du Cherche-Midi (VIe arr.), Alphonse Fillon fut jugé le 28 septembre 1942 par le tribunal du Gross Paris siégeant rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « détention d’armes », il fut passé par les armes le 13 octobre. Le 23 mai 1943 Marie Fillon fut interpellée pour « abus de confiance » dans une affaire de droit commun. Incarcérée à la Petite-Roquette, elle y mourut le 5 mai 1944.
Le doriotiste Jean D. participa à des combats de rue lors de la Libération à Paris. Eugène P., probablement épaulé par d’autres hommes, l’arrêta le 19 septembre 1944. Livré à la police, Jean D. fut incarcéré au camp de Drancy, et fut condamné le 16 janvier 1945 par la cour de justice de Paris à vingt ans de travaux forcés pour « intelligence avec l’ennemi ».
Sources

SOURCES : Arch. PPo., 77W 2180. – DAVCC, Caen, Boîte 5 B VIII, dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Adam Rayski, Au stand de tir. Le massacre des résistants. Paris 1942-1944, Éd. Mairie de Paris, 2006. – État civil, Dugny.

Daniel Grason

Version imprimable