Né le 23 mars 1926 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), fusillé le 26 mai 1943 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; receveur lithographe ; militant communiste ; FTP-MOI.

Fils d’Abraham, menuisier, et de Gilta, née Golencer, confectionneuse, Cadys Sosnowski fut reconnu par ses parents puis légitimé par leur mariage à la mairie de Nancy le 23 janvier 1940. Il milita aux Jeunesses communistes, puis, comme d’autres adolescents juifs, entra dans les Francs-tireurs et partisans-Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI), où il fit partie du 2e détachement. Il demeurait à Paris, au 13 rue Saint-Blaise (XXe arr.), dans une chambre qui servait de refuge à d’autres militants.
Avec d’autres FTP, le 18 mars 1943 vers 11 h 30, il attaqua un garage occupé par l’armée allemande au 15 rue Chevert à Paris (VIIe arr.), près de l’École militaire. Un engin explosif fut lancé contre la vitre du rez-de-chaussée de l’immeuble. L’engin explosa dans le bureau, blessant grièvement un soldat allemand, sérieusement une employée, réfugiée russe, et plus légèrement un ouvrier français. Les deux premiers furent hospitalisés.
Un sergent allemand qui était dans le bureau au moment de l’explosion avait nettement vu deux jeunes. Il se lança immédiatement à leur poursuite dans l’avenue de Tourville. Cadys Sosnowski se réfugia dans l’immeuble du numéro 96, le second réussit à prendre la fuite. Le sergent attendit du renfort ; douze policiers municipaux, le commissaire de la voie publique du VIIe arrondissement et des hommes de la Feldgendarmerie furent rapidement sur place.
Cadys Sosnowski s’était réfugié au 7e étage dans les toilettes communes, mais la porte fut enfoncée. Mis en état d’arrestation, il reconnut être l’auteur de l’attentat. Livré aux policiers de la Brigade spéciale no 2 (BS2), il fut torturé, puis livré aux Allemands.
Il comparut le 18 mai 1943 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) et fut condamné à mort pour actes terroristes. Il fut passé par les armes le 26 mai au stand de tir du ministère de l’Air. Cadys Sosnowski était âgé de dix-sept ans.
Son acte de naissance porte la mention « Mort pour la France » par avis du ministre des Anciens Combattants du 12 juin 1957.
Il laissa une dernière lettre à ses parents et à son frère.
Je vous écris cette lettre avant de mourir. J’ai été jugé et condamné à mort le 18 mai et maintenant je viens de recevoir la visite d’un officier m’apprenant que le recours en grâce que j’avais sollicité est rejeté. Il est 12 heures et je dois être fusillé à 4 heures. Les quatre heures je les passerai à penser à vous.
Maintenant c’est à toi, ma chère Maman, que je vais écrire. Je ne sais pas où tu es, mais j’espère que cette lettre te parviendra quand même. Je vais te demander d’avoir beaucoup de courage et de ne rien faire, tu m’entends, pour attenter à ta vie. Pense que tu as un autre fils, mon petit frère que je ne reverrai plus [...].
Maintenant, c’est à mon petit Papa que j’écris, à mon petit Papa chéri qui est parti depuis si longtemps et qui, j’en suis sûr, va bientôt revenir. Papa, toi que j’aime tant, c’est ton fils qui t’écrit, ton fils Cadis qui a eu 17 ans loin de toi et loin de Maman chérie [...]
Je joins à cette lettre une mèche de mes cheveux. J’espère qu’on la laissera.
Votre fils et frère qui pensera à vous jusqu’à la fin.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BA 1748. – DAVCC, Caen, Boîte 5 / B VIII dossier 4 (Notes Thomas Pouty). – D. Diamant, Combattants, héros et martyrs de la Résistance, Éd. Renouveau, 1984. – D. Diamant, Par-delà les barbelés, 1986. – S. Courtois, D. Peschanski, A. Rayski, Le Sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989. – Boris Holban, Testament. Après quarante-cinq ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle..., Calmann-Lévy, 1989. – Adam Rayski, Au stand de tir. Le Massacre des résistants. Paris 1942-1944, Éd. Mairie de Paris, 2006. – État civil, Nancy.

Daniel Grason

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