Né le 3 mars 1911 à Courmelles (Aisne), fusillé le 9 octobre 1941 à Laon (Aisne) ; cantonnier auxiliaire aux Ponts et Chaussées ; militant communiste de l’Aisne ; FTPF, détachement 23..

Gaston Pinot
Gaston Pinot
Alain Nice, La guerre des partisans, op. cit., p. 41.
Fils de Louis Pinot, manouvrier et de Julia Louise Déhu, sans profession, Gaston Pinot était domicilié à Courmelles.
Le 29 septembre 1941 un attentat eut lieu à Courmelles contre un factionnaire allemand de garde à la porte de la Standortkommandantur.
Parce qu’il avait eu une altercation quelques jours avant avec les Allemands, son domicile fut perquisitionné. La Feldgendarmerie y trouva des armes et des noms de militants communistes. Arrêté à Soissons (Aisne) pour « menées communistes et détention d’armes », il fut condamné à mort le 7 octobre 1941 par un tribunal militaire allemand (FK 602) à Saint-Quentin (Aisne) pour détention illicite d’armes. Gaston Pinot fut fusillé à Laon le 9 octobre 1941. Dix-sept communistes auraient été arrêtés après l’attentat de Courmelles : quatre furent déportés, deux fusillés, et onze relâchés.
Le placard publié dans la presse par les autorités allemandes signalait « qu’il avait caché une mitrailleuse française, un pistolet-browning, un revolver à barillet, trois grenades à main et plus de six cents cartouches ».
Gaston Pinot fut le premier dans l’Aisne condamné à mort et fusillé par les Allemands.
Une plaque a été placée à l’entrée du stand de tir des Blancs-Monts en 2011, rendant hommage à trois membres du groupe Jean-Catelas fusillés le 22 avril 1944, ainsi qu’à Gaston Pinot. Son nom a été donné à une place de Courmelles, et figure également sur le monument aux morts de la commune ainsi que sur une plaque commémorative apposée sur la mairie. Gaston Pinot ne semble pas avoir été homologué résistant.
Alain Nice a trouvé dans le dossier de la cour de justice (25U5) deux lettres manuscrites que Gaston Pinot après sa condamnation à mort. Écrites sur des petites feuilles de papier à lettre, au crayon de bois, elles n’ont jamais été remises à la famille.
Voici les extraits donnés par Alain Nice :
Laon le 7 octobre 1941, (en fait le 5 octobre jour de son procès)
Chers Parents,
Je vous fais parvenir ces derniers mots dans ma cellule
où je suis emprisonné depuis le 29 septembre.
Aujourd’hui à 10h du matin je viens de passer devant le tribunal militaire, je suis condamné à mort, maintenant j’attends mon destin.
’Laissons passer ces mauvaises heures. Du courage avant tout ».

Seconde lettre :
Laon le 7 octobre, 13 h
Chers Parents et Amis,
Je viens de terminer ma soupe qui n’est pas mauvaise [...]. Je fume les cigarettes comme un pompier car !a gardienne m’en a donné une dizaine.
J’attends mon destin. Le gendarme allemand qui m’a ramené me disait « Demain la mort ». Le chef de la prison lui me dit « 8 jours, le temps d’aller à Paris et retour ». Alors, je ne sais lequel croire. Enfin mon compte est bon. Il faut surtout remercier largement L .... Je vous quitte, chers parents et amis, en vous embrassant tous bien fort du fond de ma cellule. Surtout pas de messe en mon souvenir, pas de fleurs, ni couronne, pas de larmes. Bonsoir à tous pour la vie.
Pinot Gaston
Maintenant un mot pour Idelot (...) ».
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, Liste S1744 (Notes Thomas Pouty). –—Alain Nice, La guerre des partisans. Histoire des Francs-tireurs et partisans français. Histoire de la Résistance ouvrière et populaire du département de l’Aisne, 2011. – L’Union, 11 oct. 2011. — Site Internet : Picardie 39-45 ; Généalogie Aisne. — État civil.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : site Picardie 39-45

Jean-Pierre Besse, Frédéric Stévenot

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