Né le 24 juin 1901 à Annay-sous-Lens (Pas-de-Calais), fusillé le 24 juillet 1942 à Arras (Pas-de-Calais) ; ouvrier au Génie civil de Lens ou employé SNCF ; militant communiste à Annay-sous-Lens ; FTPF.

Fils de François et de Suzanne Caron, Émery Bulcourt était marié à Julia Huleux et avait deux enfants. Il était domicilié rue d’En-Haut à Annay.
Émery Bulcourt adhéra au Parti communiste en 1937 ; militant actif, il distribuait L’Enchaîné jusqu’à la dissolution du Parti en septembre 1939. Démis de son poste de garde champêtre en août 1938, Émery Bulcourt devient employé au Génie civil de Lens ou employé à la SNCF selon les sources.
Menacé d’être arrêté avec son épouse dès septembre 1940, il s’engagea néanmoins plus tard dans les FTP.
Son épouse possédait un café à Annay-sous-Lens dans lequel de nombreuses réunions furent organisées et de nombreuses actions préparées avec les principaux responsables de la résistance locale : Charles Debarge, Jean Caro et bien d’autres. C’est au cours de ces réunions que fut planifiée la préparation du sabotage de la machine d’extraction de la fosse 4 d’Ostricourt dans la nuit de Noël 1941 et le sabotage de la Station électrique de Provins. À l’issue de celles-ci, Julia Huleux fut chargée d’assurer le transport d’armes et d’explosifs nécessaires aux différentes actions préparées.
Arrêté en même temps que son épouse, par la gendarmerie française de Lens le 2 mai 1942, Émery Bulcourt, dit Mery, fut réclamé par les autorités allemandes (OFK 670) qui le condamnèrent à mort le 8 juillet 1942, pour « menées communistes, actes de sabotage, détention d’armes et recel de malfaiteurs et agression contre la Wehrmacht ». Incarcéré à la prison Saint-Nicaise d’Arras, il tenta une ultime mais vaine évasion avec Serge Havez, les frères Delval* et quelques autres.
Émery Bulcourt qui fut exécuté le 24 juillet 1942 à Arras écrivit peu avant sa mort : « nous allons disparaître avec un moral excellent et dans l’espoir que notre cause servira pour la génération future ».
Son épouse, incarcérée en même temps que lui, entre autres dans les prisons d’Essen, Lübeck et Jauer, fut déportée le 5 août 1942 après avoir subi onze interrogatoires.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Pas-de-Calais, M. 5022/2. – J.-M. Fossier, Zone interdite, op. cit., p. 199, 209.

Christian Lescureux

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