Né le 22 mai 1907 à Caen (Calvados), fusillé après condamnation à mort le 14 mars 1942 à Vannes (Morbihan) ; journalier.

André Meunier
André Meunier
SOURCE : Site Internet 39-45
Sur le mémorial des fusillés à Saint-Avé
Sur le mémorial des fusillés à Saint-Avé
Dans le carré militaire du cimetière</br> de Calmont à Vannes
Dans le carré militaire du cimetière
de Calmont à Vannes
Sur le monument aux morts de Guer
Sur le monument aux morts de Guer
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
André Meunier était le fils d’Albert Georges Achille Meunier, employé de commerce, décédé, et de Marie Angèle Detoc, décédée. Il avait épousé le 12 septembre 1932 Marie Ange Crochard à Guer (Morbihan), où le couple s’installa au village de Télostan. Père de deux enfants, Monique et André, il exerçait la profession de journalier à Bellevue en Coëtquidan (Morbihan).

Dans l’après-midi du 31 octobre 1941, le capitaine Marquard, officier de la Wehrmacht, se rendit avec un général et deux autres soldats allemands à une chasse « à l’affût » aux sangliers sur le terrain militaire du camp de Coëtquidan. Les chasseurs se déployèrent au sol, le capitaine Marquardt serait monté en observateur en haut d’un mirador situé à six mètres au-dessus du sol. Deux détonations furent entendues vers 19 heures. Deux heures plus tard son corps sans vie était découvert aux environs du lieu-dit La Ville Regnaud et du ruisseau du Moulinet. Un tir de chevrotines tiré de bas en haut aurait touché l’officier.
Les militaires allemands convoquèrent à Coëquidan les chefs de brigades de la gendarmerie, le responsable de la police française, le commissaire des Renseignements généraux et celui de la police judiciaire de Rennes. Deux gradés de la gendarmerie, le lieutenant Guillo de Ploërmel qui avait établi les premières constatations dans la nuit et le commandant Guillaudot déclarèrent qu’il s’agissait d’un accident de chasse. Les militaires allemands réfutèrent l’hypothèse, et l’ordre fut donné de rechercher un braconnier.
Au début du mois de novembre, plusieurs rafles furent organisées dans une dizaine de communes, visant en particulier les détenteurs d’un permis de chasse. Des perquisitions furent effectuées au domicile de personnes soupçonnées de braconnage ou d’avoir conservé des munitions à leur domicile. De nombreuses personnes furent emmenées dans le camp de Coëtquidan pour y être interrogées. La plupart furent relâchées rapidement après vérifications. Quatre-vingt-cinq furent incarcérés comme otages dans la prison de Vannes (Morbihan). Sept d’entre eux furent condamnés à diverse peines de prison par le tribunal militaire allemand FK 750 de Vannes et transférés à la prison de Saint-Brieux où ils ont été libérés après avoir purgé leur peine, le dernier, Pierre Allaire, maire de Beignon, le 18 mai 1942.

La police judiciaire de Rennes poursuivit l’enquête et, sur dénonciation, les policiers perquisitionnèrent le 10 novembre 1941 le domicile d’André Meunier. Selon un rapport adressé le 11 novembre 1941 au commissaire principal, chef de la 13e Brigade régionale, par le commissaire Marcel Lieutaud, ils saisirent un fusil de chasse, calibre 16, un fusil Lebel modèle 1907, un chargeur complet et vingt cartouches. Revenus le lendemain 11 novembre au domicile d’André Meunier, ils y découvrirent sur ses indications, cachés dans le jardin, une caisse de munitions, un bidon de poudre noire, un bidon de plomb, un pistolet automatique " Perfect ", une ceinture de chasse contenant dix-neuf cartouches, des douilles, des chevrotines et des cartouches du calibre 16. André Meunier nia être l’auteur du meurtre du capitaine Marquardt. « Interrogé sur son emploi du temps dans la journée du 31 octobre dernier, il nous a indiqué qu’il est resté chez lui, ce jour-là, chose difficile à contrôle. Nous avons fait garder Meunier à vue à la brigade de gendarmerie de Guer et nous avons avisé les autorités de l’armée allemande aux fins qu’ilo appartiendra [...] Nous ignorons la décision qui sera prise à son encontre ». Gardé à vue dans à la brigade de gendarmerie de Guer, André Meunier affirma qu’il était resté chez lui le jour du meurtre Dans son rapport au chef de la 13e Brigade régionale de Police judiciaire de Rennes, le commissaire Lieutaud déclarait : « Nous avons avisé les autorités allemandes aux fins qu’il appartiendra ».
André Meunier fut livré le jour-même à la Feldgendarmerie et incarcéré dans le quartier allemand de la prison de Vannes. Il comparut le 10 mars 1942 devant le tribunal militaire allemand FK 750 de Vannes qui le condamna à mort pour « détention d’armes », et il fut exécuté le 14 mars 1942.

Par une lettre datée du 17 mars 1942, la Feldkommandantur de Vannes a avisé le préfet du Morbihan de l’exécution de l’arrêté de mort concernant André Meunier, « passé par les armes le 14 mars 1942 à 16 heures sur le territoire de Vannes ».
Cette exécution a fait l’objet d’un rapport adressé le 11 juillet 1942 à Frannçois de Brinon, ambassadeur de France, délégué du gouvernement de Vichy dans les Territoires occupés.

L’acte de décès numéro 176 dressé en mairie de Vannes le 19 mars 1942, sur la déclaration de Jules Nicollic, chef du Bureau de l’état civil, et transcrit en mairie le 20 août 1942, le déclare « décédé le 14 mars 1942 à 17 heures, 2 place Nazareth » et porte la mention marginale « Fusillé ». [L’adresse de la prison de Vannes en 2019 est 12, place Nazareth].
Selon Michel Boisson, dans Hôtel Nazareth ou les otages de Coëtquidan 50 ans après, André Meunier a été exécuté sur le polygone de tir de Saint-Avé rebaptisé « Butte des fusillés ».

Inhumé initialement dans le cimetière de Boismoreau à Vannes, son corps a été exhumé et ré-inhumé en mai 1963 dans le carré militaire du cimetière de Calmont, rang 6, tombe 110.

Il a obtenu la mention mort pour la France le 31 janvier 1945. Le titre d’Interné-politique lui a été attribué en 1962.
Dans le Morbihan, à Saint-Avé, le nom d’André Meunier est inscrit sur le mémorial des fusillés.
Il figure aussi comme victime civile sur le monument aux morts de Guer.
Sources

SOURCES : AVCC, Caen, B VIII, dossier 3 (Notes Thomas Pouty). — Arch. Dép. Morbihan, 2 W 11308, exécutés par les Allemands. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — Hôtel Nazareth ou les otages de Coëtquidan 50 ans après, Libévasion, École Maison d’Arrêt, Vannes, 1998. — Mémorial Genweb. — Jean-Charles Caillard, " Les Allemands à Coëtquidan-L’affaire Marquardt et les Otages de Coëtquidan ", 31 octobre 1941, sur le site Internet du Camp militaire et des Écoles de saint-Cyr Coëtquidan. — Site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. — État civil, Caen (acte de naissance) ; Vannes (acte de décès) Guer (transcription de l’acte de décès)

Daniel Grason, Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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