Né le 3 janvier 1925 à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), fusillé le 8 novembre 1943 à Grand-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; boucher aux abattoirs de Rouen ; résistant, membre des FTPF.

Fils de Joseph Brillet, commis principal des douanes, et d’Andrée Corblin, sans profession, Gérard Brillet, célibataire, était domicilié à Rouen rive gauche, 3 rue Marquis, non loin des abattoirs.
Selon les sources, il aurait été membre du réseau « l’Heure H », mouvement havrais qui s’était étendu à la région rouennaise. Cependant, les archives de la police antiterroriste de Rouen révèlent qu’il participa à plusieurs actions des FTP du détachement Jeanne-D’Arc, groupe de Barneville.
Suite à une dénonciation, il fut arrêté par l’inspecteur collaborationniste Alie et condamné pour « actes de franc-tireur, attentats contre troupes d’occupation, cambriolage de la mairie de Grand-Couronne (27 juillet 1943), sabotages de voies ferrées et vols de denrées à la mairie de Bellencombre (76) ». En réalité, Gérard Brillet, avait agi au moins à quatre reprises aux côtés des hommes du maquis des Francs-tireurs et partisans (FTP) de Barneville car les actions de Grand-Couronne et de Bellencombre étaient l’œuvre de ce groupe dirigé par Albert Lacour. Gérard Brillet, arrêté par la police de l’inspecteur Alie le 31 juillet 1943, trois semaines avant l’attaque qui anéantit le maquis de Barneville, figurait dans les dossiers de la police antiterroriste de Rouen comme ayant participé aux deux attentats cités plus haut ainsi qu’à deux déraillements à la fin juillet 1943. Il avait participé à quatre actions dans la semaine qui précéda son arrestation. Brillet était donc, semble-t-il, une nouvelle recrue du groupe de francs-tireurs.
Gérard Brillet fut jugé par le tribunal militaire allemand FK 517, avec six FTP arrêtés à Barneville et un FTP du Havre, le 5 novembre 1943 et condamné à mort. Il a été fusillé le 8 novembre 1943 à 8 h 19, au stand du Madrillet (Grand-Quevilly). Il n’avait alors que dix-huit ans. On a considéré à Rouen que les huit fusillés du 8 novembre 1943 qui comprenaient sept FTP et Gérard Brillet, l’avaient été en représailles à l’attentat du 31 octobre 1943, mené peu avant par les FTP André Defrance (dit Claude) et Denis Leblond contre le cinéma de Rouen Cinédit, réquisitionné par les Allemands.
À la Libération, sous l’impulsion des maquisards survivants et de la ville de Petit-Quevilly (mairie PCF), un comité pour le souvenir du maquis de Barneville fut fondé. Le journaliste Fernand Châtel, ancien responsable FTP en Seine-Inférieure arrêté en mai 1942, raconta, par écrit en 1967, l’histoire complète du groupe, sans mentionner le nom de Brillet. Gérard Brillet qui fut arrêté avant l’attaque de la grotte, ne fut ni cité ni revendiqué comme combattant du groupe. L’ouverture publique, soixante-dix ans après, des archives de la police de Rouen a permis de constater que Gérard Brillet avait pris part aux actions de ce groupe FTP. La raison pour laquelle il fut « mis à part » restait indéterminée en 2014.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Seine-Maritime : cote 51W428 dossier « fusillés », sous-dossier : Brillet ; Dossier Policier Alie de Rouen 1943, Barneville (sans cote). – Notes Michel Croguennec, Archiviste à Petit-Quevilly. – Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine-Maritime. 1940-1944, édité par l’Association départementale des familles de fusillés de la Résistance de Seine-Maritime. 1994. — État civil.

Jean-Paul Nicolas

Version imprimable