Né le 3 janvier 1925 à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), fusillé le 8 novembre 1943 à Grand-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; boucher aux abattoirs de Rouen ; résistant, membre des FTPF.

Fils de Joseph Brillet, commis principal des douanes, et d’Andrée Corblin, sans profession, Gérard Brillet, célibataire, était domicilié à Rouen rive gauche, 3 rue Marquis, chez ses parents, non loin des abattoirs.
Les archives de la police antiterroriste de Rouen révèlent qu’il participa à quatre actions des FTP du détachement Jeanne-D’Arc, groupe de Barneville.
Suite à une dénonciation, il fut arrêté par l’inspecteur collaborationniste Alie le 30 juillet 1943 et condamné pour « actes de franc-tireur, attentats contre troupes d’occupation, cambriolage de la mairie de Grand-Couronne (27 juillet 1943), sabotage de voies ferrées et vols de denrées à la mairie de Bellencombre (76) ». Gérard Brillet fut arrêté par la police trois semaines avant l’attaque qui mit fin au maquis de Barneville. Interrogé par la police en septembre 1943, c’est à dire après l’affaire de Barneville, il avoua avoir rencontré deux dirigeants FTP Michel (Jules Bridoux et André Dumont) en fréquentant régulièrement le café Chauvin, 36, rue Méridienne à Rouen. Ils lui proposèrent de rentrer dans l’organisation le 22 juillet et il fut mis à l’essai le 27 juillet pour être arrêté presque aussitôt : le 30 juillet 1943. Le jeune Brillet était donc une nouvelle recrue du groupe de francs-tireurs qui ne put agir à leurs côtés que durant une semaine en tout et pour tout. Son recrutement aux FTP ne fut jamais officialisé car le groupe éclata le mois suivant..
Gérard Brillet fut jugé par le tribunal militaire allemand FK 517, avec six FTP arrêtés à Barneville et un FTP du Havre, le 5 novembre 1943 et condamné à mort. Il a été fusillé le 8 novembre 1943 à 8 h 19, au stand du Madrillet (Grand-Quevilly). Il n’avait alors que dix-huit ans. On a considéré à Rouen que les huit fusillés du 8 novembre 1943 qui comprenaient sept FTP et Gérard Brillet, l’avaient été en représailles à l’attentat du 31 octobre 1943, mené peu avant par les FTP André Defrance (dit Claude) et Denis Leblond contre le cinéma de Rouen Cinédit, réquisitionné par les Allemands.
À la Libération, sous l’impulsion des résistants survivants de Barneville et de la ville de Petit-Quevilly (mairie PCF), un comité pour le souvenir du maquis de Barneville fut fondé. Le journaliste Fernand Châtel, ancien responsable FTP en Seine-Inférieure arrêté en mai 1942, raconta, par écrit en 1967, l’histoire complète du groupe, sans mentionner le nom de Brillet. Gérard Brillet qui fut arrêté avant l’attaque de la grotte, ne fut ni cité ni revendiqué comme combattant du groupe. L’ouverture publique, soixante-dix ans après, des archives de la police de Rouen a permis de constater que Gérard Brillet avait pourtant pris part aux actions de ce groupe FTP.
Maquis de Barneville-sur-Seine (Eure) 24 août 1943
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Seine-Maritime : cote 51W428 dossier « fusillés », sous-dossier : Brillet ; Dossier Policier Alie de Rouen 1943, Barneville (sans cote). – Notes Michel Croguennec, Archiviste à Petit-Quevilly. – Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine-Maritime. 1940-1944, édité par l’Association départementale des familles de fusillés de la Résistance de Seine-Maritime. 1994. — État civil.

Jean-Paul Nicolas

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