Né le 9 juin 1910, à Petit-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), fusillé le 30 juillet 1943 au Madrillet, Grand-Quevilly ; soudeur, cheminot de Sotteville-lès-Rouen ; membre du Parti communiste.

Une rue centrale à Sotteville-les-Rouen
Une rue centrale à Sotteville-les-Rouen
René Canton était frère de Louis Canton, fusillé au Mont-Valérien un an avant lui. Domicilié 11 rue Lazare-Carnot à Sotteville-lès-Rouen, cheminot, René Canton fut arrêté le 18 mars 1943, deux jours après son jeune collègue Marcel Pautremat, par les inspecteurs de Sûreté de la section des affaires judiciaires à origines politiques. Marié et père d’une fillette de sept ans, il était employé en qualité de soudeur à la SNCF, aux Ateliers de Saint-Étienne du Rouvray. La famille Canton était décrite par la police comme une famille de communistes notoires. Peu avant 1930, René se trouvait sur une liste de jeunes JC classés antimilitaristes du département constituée par les Renseignement généraux de Rouen (1M310 des AD76).
Claude-Paul Couture écrit : « Après l’exécution de son frère qu’il décide de venger, il rejoint une unité de Francs-tireurs et partisans. Arrêté le 18 mars (ou avril) 1943, accusé de ``tentative d’incendie volontaire de fourrages destinés aux Allemands’’, considéré comme un résistant isolé, il sera horriblement torturé à la prison du palais de justice de Rouen. Condamné à mort le 23 juillet 1943, il a été fusillé le 30 juillet suivant au stand de tir du Madrillet, Grand-Quevilly. »
Avec lui tombèrent sous les balles du même peloton Marcel Pautremat et Paul Carpentier, ses camarades de combat, ainsi que Marcel Aubruchet, impliqué dans d’autres actions que l’incendie de Saint-Étienne-du-Rouvray. Toujours selon la préfecture, un inspecteur qui signait Leroy, écrivit encore : « Entré à l’organisation terroriste en décembre 1942, il reconnaît qu’en compagnie de camarades, il a provoqué l’incendie de plusieurs wagons de paille appartenant à l’armée d’occupation et garés sur les voies à Saint-Étienne-du-Rouvray. De bonne conduite, il était bien considéré de ses chefs de service, cependant, en raison de son passé politique, il semble difficile d’intervenir en sa faveur. » Les chef d’inculpation du tribunal de guerre FK 517, le 23 juillet 1943, furent : « Actes de terrorisme-Tentative d’incendie volontaire de fourrages pour les Allemands et menées antinationales ».
Les frères Canton ont donné leur nom à une rue de Sotteville-lès-Rouen : la rue des Frères-Canton mentionnant qu’ils furent tout deux fusillés par les nazis. Leurs deux tombes se trouvent au cimetière de cette ville. La dépouille de René Canton repose dans une tombe privée ne portant pas son nom en principal ; celui-ci est gravé sur un côté vertical non visible (sans aucune mention des circonstances de sa mort). Louis Auguste Canton, de son côté, a une tombe individuelle, plus officielle, parmi les soldats de Sotteville tués en 1940 ; il est indiqué laconiquement « Mort pour la France à Suresnes le 21 septembre 1942 ». Il n’est donc pas précisé qu’il a été fusillé au Mont-Valérien.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, BVIII 4 (Notes Jean-Pierre Besse et Thomas Pouty). – Arch. Dép. Seine-Maritime : cotes1M3O9, 310, 311 (pour l’avant-guerre) ; cote 51W428 les fusillés ; cotes 51W410-421 : liste alphabétique des arrestations-cabinet du préfet 4Ie section. Pour « C » comme Canton : 51W412. – Louis Eudier, Notre combat de classe et de patriote (1934-1945), Le Havre, Imprimerie Duboc ; « Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine-Maritime. 1940-1944 », édité par l’Association départementale des familles de fusillés de la Résistance de Seine-Maritime. 1994.

Jean-Paul Nicolas

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