Né le 30 juillet 1906 au Kremlin-Bicêtre (Seine, Val-de-Marne), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 à Fontevrault-l’Abbaye (Fontevraud, Maine-et-Loire) ; plombier ; militant communiste de Villejuif.

Les fusillés de Villejuif
Les fusillés de Villejuif
copyright Pierre Cardon
Charles Dehan était le fils d’Augustin Dehan et d’Irina Dupont. Il avait deux sœurs. De la classe 1926, il effectua son service militaire durant dix-huit mois, au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) au sein du 129e Régiment d’infanterie. Il se maria ensuite avec Gisèle Marquette, ils eurent un fils né en 1932. Il habitait 3 allée Alphonse-Daudet à Villejuif (Val-de-Marne). Mais très vite, il devint veuf.
À la suite de son arrestation à Paris le 3 juillet 1941, la police française effectua une perquisition dans une chambre louée par Charles Dehan au no 3 de la rue des Francs-Bourgeois à Paris, bien que son domicile principal soit à Villejuif. Il y fut découvert un stock important de matériel de propagande communiste d’un volume de trois mètres cubes environ comprenant des tracts, des imprimés, des papillons, et des paquets de tracts ficelés et préparés à être distribués. Le 3 juillet 1941, le juge d’instruction au tribunal de première instance de la Seine émit un mandat de dépôt contre Dehan à la maison d’arrêt de la Santé à Paris. Par arrêt en date du 29 octobre 1941, la Section spéciale de la cour d’appel de Paris le déclara coupable d’infraction au décret du 26 septembre 1939 commise depuis moins de dix ans sur le territoire français et le condamna, en vertu des articles 8 du décret du 14 août 1941, à la peine de vingt ans de travaux forcés.
Par la suite, il fut conduit à la prison de Fresnes (cellule no 397 – 2e division), puis transféré à la maison centrale de Fontevrault-l’Abbaye (Fontevraud, Maine-et-Loire) le 12 décembre 1941 (écrou no 2010). Pour son activité communiste et dans le cadre de la loi sur les otages instituée par les autorités militaires allemandes, Charles Dehan a été fusillé, le 15 décembre 1941, à 15 h 28, à Fontevrault-l’Abbaye (Fontevraud, Maine-et-Loire) sur un terrain militaire situé route de Bizay, en limite de la commune de L’Épied (Maine-et-Loire), au lieu-dit « Le Pas de tir américain ».
Ce même jour, et en ce lieu, Joseph Darriet, Joseph Monetti et Joseph Pelluau furent aussi exécutés.
Charles Dehan a été fusillé comme otage en représailles aux attentats du 28 novembre 1941 et du 7 décembre 1941.
Depuis la guerre, une plaque porte son nom au no 159 de la rue du Château-des-Rentiers à Paris (XIIIe arr.).
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Maine-et-Loire, 181 J 50, 197 J 2, 18 W 27, 248 W 5, 303 W 291. – Arch. mun. Angers, 28 J 28.

Bertrand Gogendeau

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