Né le 7 février 1924 à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), fusillé le 17 mai 1944 à Angers (Maine-et-Loire) ; apprenti mécanicien ; résistant membre du réseau Cohors-Asturies.

Fils d’un commerçant et d’une commerçante, Alexis Nouvel était apprenti mécanicien à Lorient (Morbihan) quand l’armée allemande occupa le port en juin 1940 ; les plus jeunes apprentis furent autorisés à rejoindre leurs parents, aussi Alexis Nouvel arriva le 28 juin à Nantes à leur domicile 123 rue de Rennes . Il y apprit la mort d’un de ses trois frères, Marcel, dans les combats de l’Eure. Alexis Nouvel travailla comme tourneur aux Ateliers de Saint-Joseph-des-Batignolles à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) dépendant de la Compagnie générale de construction de locomotives.
Désirant lutter contre l’occupant allemand, il prit contact avec Alexandre Fourny et Léon Jost, anciens combattants qui organisaient l’aide aux prisonniers et leur évasion. Malgré la désaprobation de ceux-ci de passer en zone libre, avec quelques camarades, il rejoignit Poitiers, Angoulême, puis Toulon, où il intégra l’école des apprentis mécaniciens. Il décida de rejoindre Londres via l’Espagne avec un camarade nantais, mais ils furent arrêtés à l’approche de Lérida et remis par les carabiniers franquistes aux gardes mobiles français.Condamnés à un mois de prison pour avoir tenté de rallier de Gaulle, leur peine effectuée, ils rejoignirent Nantes.
Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), engagé dans le groupe « Basse Loire » du réseau Cohors-Asturies, il intégra l’« action immédiate » de ce groupe en mars 1943. Son matricule était RK 230.
Arrêté par des agents de la Sipo-SD le 4 avril 1944, il fut incarcéré le 6 avril dans la section allemande de la prison du Pré-Pigeon à Angers. Sur le mur de la cellule no 54, dans laquelle il avait été placé avant son passage devant la cour martiale, il avait gravé : « NOUVEL Alexis né le 7.2.24 à Saint-Quai-Portrieux (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) arrêté à son domicile 123 rue de Rennes le 4.4.44 et condamné... ».
Le 17 mai 1944, Charles Briaudet, Émile Lagarde et sa femme Raphaëlle, Jacques Delaunay, Louis Bouillet, Yves Even, les frères Alexis et Roger Nouvel, François Troussard et son fils Francis furent jugés par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 518 de Nantes. Madame Lagarde, Roger Nouvel et Francis Troussard furent condamnés aux travaux forcés, c’est-à-dire à la déportation en Allemagne. Les autres furent condamnés à mort.
Alexis Nouvel fut reconnu coupable d’actes de sabotage. Le jour même à 18 h 39, il a été fusillé derrière le stand de tir militaire de Belle-Beille à Angers avec Louis Bouillet, Émile Lagarde et Yves Even. À 19 h 02, Jacques Delaunay, Charles Briaudet et François Troussard subirent le même sort.
Alexis Nouvel fut ensuite inhumé dans le cimetière de l’Est à Angers (carré 12, rang 11, tombe 1).
Il fut homologué, à titre posthume, sous-lieutenant des Forces françaises combattantes (FFC). Il lui fut décerné la Médaille de la Résistance (décret du 24 avril 1946, JO du 17 mai 1946) et la Croix de guerre 1939-1945 avec palme.
Son frère Roger revint de déportation.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, dossier 21P 104102. – Arch. Dép. Maine-et-Loire : 197 J 5, 303 W 290. – Arch. mun., Angers, 4 H 103, 1282 W 54. – Acte de décès. – Registre des inhumations des cimetières de l’Est à Angers. – Registre de la maison d’arrêt d’Angers (p. 166). — Dominique Bloyet, Etienne Gasche, Jeunes résistants en Loire-Atlantique, Coiffard Édition, 2014. — A. Perraud-Charmantier, La guerre en Bretagne. Récits et portraits, I, Nantes, 1947, Aux portes du Large.

Bertrand Gogendeau

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