Né le 19 mai 1921 à Lille (Nord), fusillé par condamnation le 8 février 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; employé ; communiste ; résistant membre du réseau Action 40.

Fils de Damas Bodelle, fileur, et d’Élise, née Billerait, mécanicienne, Victor Bodelle épousa Georgette Devreese le 3 janvier 1942 à Lille. Le couple eut un enfant et la famille vivait au 14 rue Van-Hende à Lille. Victor Bodelle travaillait comme employé de bureau aux assurances sociales. Il fit partie du réseau Action 40 avec son beau-frère Roger Devreese qui était aussi employé aux assurances sociales ; des armes étaient cachées dans leurs caves.
Le 21 octobre 1942 vers 22 h 10 un attentat eut lieu contre « La Taverne lilloise » réquisitionnée par les Allemands. Georges Capelle dirigea cette action, deux FTP à bicyclette passèrent devant la taverne, l’un d’eux lança une grenade contre des soldats de la Wehrmacht ; il y eut cinq blessés dont trois Allemands. Victor Bodelle fut arrêté le 3 novembre par la police française, des armes furent saisies. Les Renseignements généraux conjointement avec la Geheimfeldpolizei, police secrète de campagne (GPF), menèrent l’enquête. Incarcéré à la prison de Loos-lès-Lille (Nord), interrogé par les hommes de la GPF, Victor Bodelle fut transféré le 7 janvier 1943 à Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Le 29 janvier, il comparut devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) et il fut condamné à mort pour « détention d’armes ».
Victor Bodelle fut passé par les armes le 8 février 1943 au Mont-Valérien avec neuf autres résistants du Nord et du Pas-de-Calais : Gilbert Betrancourt, Victor Bourle, Georges Capelle, Yves Decugis, Roger Devreese, Maurice Lombart, Élie Lorthois, Armel Marsy et Jean Ochin.
Victor Bodelle fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) le 8 février 1943 division 47, ligne 1, n°15 puis transféré le 8 octobre 1947 à Lille.
La mention Mort pour la France lui fut attribuée par le Secrétariat général aux Anciens Combattants le 23 mars 1945. Il fut homologué membre de la Résistance intérieure française (RIF) au titre du réseau Action 40 et Interné résistant (DIR). Il fut décoré de la Médaille de la Résistance (décret du 26 juin 1956, publié au JO du 3 juillet 1956).
Son nom figure sur la cloche du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien et sur la plaque apposée 127 rue de Grenelle (Paris, VIIe arr.) « à la mémoire des agents du Ministère du Travail morts pour la France »
Voir Mont-Valérien, Suresnes (Hauts-de-Seine)
Sources

SOURCES : Arch. PPo., 77W 531. — DAVCC, Caen, Boîte 5 Liste S 1744-27/43 (Notes Thomas Pouty), AC 21 P 711715. — SHD Vincennes GR 16 P 66465 (nc). — J.-M. Fossier, Zone interdite, op. cit. — État civil, Lille. — Site Internet Mémoire des Hommes. — Mémorial GenWeb. — Répertoire des fusillés inhumés au cimetière parisien d’Ivry.

Daniel Grason

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