Né le 3 juillet 1920 à Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne, Marne), fusillé après condamnation à mort le 6 mai 1944 à L’Épine (Marne) ; entrepreneur de transports ; résistant ; Armée secrète ; FFC au titre du réseau Action D ; FFI.

Roger Fleury
Roger Fleury
SOURCE : 
Pierre Servagnat, La Résistance et les FFI
dans l’arrondissement d’Épernay
Butte des fusillés à L'Épine
Butte des fusillés à L’Épine
Dans <i>L'Éclaireur de l'Est</i>
Dans L’Éclaireur de l’Est
Sur la plaque commémorative</br>de la Butte des fusillés à L'Épine
Sur la plaque commémorative
de la Butte des fusillés à L’Épine
Collège Saint-Étienne </br>de Châlons-en-Champagne
Collège Saint-Étienne
de Châlons-en-Champagne
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Roger Fleury était le fils de Julien Fleury, garçon de recette, ancien combattant de la 1ère guerre mondiale grièvement blessé en juin 1915 et ayant perdu la vue, et de Marie Léonie Cochery, brodeuse. Il avait été adopté par la Nation en vertu d’un jugement du tribunal civil de Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne, Marne) en date du 21 juillet 1922. Célibataire, il était domicilié à Châlons-sur-Marne où il exerçait la profession d’entrepreneur de transports.

Il rejoignit en février 1943 le groupe CDLR-BOA-CDP3 de Châlons-sur-Marne dirigé par Robert Tritant. Il participa à des sabotages et, au cours de l’été 1943, à des réceptions de parachutages d’armes larguées sur le terrain « Hyène » à Coole (Marne). Il échappa à l’arrestation de plusieurs membres de son groupe le 6 septembre 1943 et poursuivit son action clandestine en Charente au sein de l’Armée secrète.
Il assura ensuite la liaison entre Paris et Bordeaux pour le mouvement Ceux de la Résistance (CDLR). Dénoncé, il fut arrêté le 23 janvier 1944 à Paris, interné à Fresnes, puis ramené à Châlons-sur-Marne. Il y a été condamné à mort « pour appartenance à un groupe de résistance et participation à des attentats contre des voies ferrées » le 24 avril 1944 par le tribunal militaire allemand FK 531 de Châlons-sur-Marne avec quatre autres membres du groupe Tritant : Marcel Bertin, Robert Clément, Charles Robinot et Robert Tritant.

Il a été fusillé avec eux le 6 mai 1944 sur le terrain de La Folie à L’Épine.

Le tribunal civil de première instance de Châlons-sur-Marne a rendu le 2 juin 1944 un jugement déclaratif de décès transcrit le 10 juin à l’état civil de Châlons sous le numéro 464, qui le déclare « décédé à Châlons-sur-Marne le 6 mai 1944 à sept heures trente-deux minutes ».

Inhumé après l’exécution dans le cimetière de l’Est de Châlons, le corps de Roger Fleury a été exhumé le 15 septembre 1944 et transféré dans une sépulture familiale de ce même cimetière.

Roger Fleury a été reconnu « Mort pour la France » en 1945. Il a été homologué FFC au titre du réseau Action D et FFI. Les titres d’Interné-résistant et de Combattant volontaire de la Résistance (CVR) lui ont été décernés, ainsi que la Médaille de la Résistance par décret du 3 juillet 1946, publié au JO du 11 juillet 1946.

Dans la Marne, le nom de Roger Fleury est inscrit sur la plaque commémorative de la Butte des fusillés à L’Épine. À Châlons-en-Champagne, il figure aussi sur le monument aux morts et sur les plaques commémoratives de l’école Périer et du collège Saint-Étienne où il a été élève.
Sources

SOURCES :AVCC, Caen, AC 21 P 185 067. — SHD, Vincennes, GR 16 P 225996 – Arch. CH2GM-Marne, Direction de l’état civil et des recherches, dossier de Brinon, B7/1124. numéro 008474. – Arch. Dép. Marne, M. 7463, exécutions par les Allemands 1941-1944 ; fusillés ou exécutés par les Allemands, liste dressée à la demande du ministère de l’Intérieur en octobre 1944. – Arch. CH2GM, Rapport sur l’activité du groupe Tritant, réseau Action BOA-CDP3, effectué par Yves Bouteille, Châlons-sur-Marne, 7 février 1949. – Arch. ONACVG-SD51, dossier CVR. – L’Union, 8 novembre 1945. – Pierre Servagnat, La Résistance et les Forces françaises de l’intérieur dans l’arrondissement d’Épernay. Souvenirs du capitaine Servagnat. Ceux de la Résistance (photo), Presses de l’Imprimerie de Montligeon, 1946. – Pierre Gillet, « Châlons sous la botte. Souvenirs de la Résistance à Châlons-sur-Marne et dans l’arrondissement (1940-1945) », Cahiers châlonnais, n° 3, Châlons-sur-Marne, 1983, réédité en 1998. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, DVDrom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013. – État civil, Châlons-en-Champagne (acte de naissance) ; Châlons-en-Champagne (transcription du jugement déclaratif de décès).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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