Né le 14 décembre 1920 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), fusillé le 23 décembre 1943 à la Doua (Villeurbanne, Rhône) ; employé de banque ; résistant du maquis de Tréminis (Isère).

André Coutelier était le fils de Guillaume Coutelier et Amélie Baudinet. Employé de banque et célibataire, il demeurait à Saint-Egrève (Isère) avec ses parents. Son père était directeur de l’usine de Saint-Egrève des Ciments de la Porte de France.
En septembre 1943, pour échapper au Service du travail obligatoire (STO), André Coutelier et son ami Jean Amigoni rejoignirent le maquis de Tréminis (Isère), dit camp Rozan. Il fut nommé chef de groupe par le responsable du maquis Henri Cleret (dit Arlès).
Les Allemands attaquèrent le camp le 19 octobre 1943. André Coutelier était de garde avec son groupe au poste de la Bonce (Tréminis). Il fut fait prisonnier alors qu’il retardait les Allemands et protégeait la fuite de ses compagnons maquisards.
Conduit à la Gestapo de Grenoble (Isère), 28 cours Berriat, avec ses camarades, il se retrouva dans une chambre du 6e étage. Son emprisonnement se prolongea jusqu’au 18 novembre 1943. Il subit des interrogatoires. Le 18 novembre, Coutelier et ses compagnons furent transférés au camp de Compiègne (Oise). Le 21, un capitaine de la Gestapo les conduisit à Lyon (Rhône). Emprisonnés à la prison de Montluc (Lyon, Rhône), ils restèrent pendant quatre jours dans les salles communes.
Le 25, ils comparurent devant le tribunal militaire allemand de la Zone sud (au Grand Nouvel hôtel, rue Grôlée à Lyon). Le 26 novembre 1943, le tribunal condamna à mort les maquisards Pinguet, Lagardère, Perrochon, Coutelier, Casanova, Lescoute, Laroche, Fabre et Siguier. Les motifs de leur condamnation furent : « 1. Ont fait fonction de francs-tireurs et entrepris une action de nature à porter préjudice à l’armée allemande. 2. Ont prêté leur aide à une puissance étrangère en guerre contre l’Allemagne. »
Ils furent ensuite placés à Montluc dans les cellules destinées aux condamnés à mort. D’abord deux cellules provisoires puis, au bout de dix jours, André Coutelier fut emprisonné dans la cellule 138 avec Pinguet, Perrochon et Lagardère.
Un peloton allemand exécuta André Coutelier, Jacques Casanova, René Pinguet, René Perrochon et Francis Lagardère le 23 décembre 1943 dans l’enceinte du camp militaire de la Doua à Villeurbanne (Rhône).
Son corps fut retrouvé dans le charnier de la Doua et identifié par son père le 22 octobre 1945.
André Coutelier fut homologué combattant des Forces françaises de l’intérieur (FFI) avec le grade d’élève-officier et décoré de la Médaille de la Résistance et de la Croix de guerre avec palme à titre posthume.
Son corps repose dans le carré militaire du cimetière de Saint-Égrève.
Georges Roche, un autre résistant Saint-Égrévois, trouvera lors de son emprisonnement à Montluc en 1944 le nom d’André Coutelier gravé sur le mur de sa cellule.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Rhône, 3808W501, 3335W22, 3335W14, 3460W2. – Marcelle Reynaud, Le Maquis de Tréminis, 1943. Mémoires et documents, 1996.

Jean-Sébastien Chorin

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