Né le 6 septembre 1927 à Lyon (IIe arr., Rhône) ; fusillé le 4 février 1944 à la Doua, commune de Villeurbanne (Rhône) ; régleur ; résistant au sein de l’Armée secrète (AS).

Jacques Mautret était le fils de Jules Irénée et Alice Julia Clair, mariés à Paris (IIe arr.) en 1924.
Sa sœur, Irène, naquit en 1924 à Lyon. Son père exerça la profession de mécanicien. Jacques devint également mécanicien (régleur). Il demeura avec sa famille à Lyon, 14 rue d’Enghien (IIe arr.). Sa mère décéda en 1942.
Jacques Mautret entra dans l’AS à Lyon (1er secteur) en 1942 ou au mois de mai 1943 (selon les sources).
Une conversation fausse et imprudente dans un café entraîna son arrestation par la Sipo-SD le 24 novembre 1943 à Lyon. Jules Mautret fut appréhendé le même jour, vraisemblablement avec son fils Jacques. Jacques Mautret subit plusieurs interrogatoires à l’École de santé militaire (siège de la Gestapo, avenue Berthelot à Lyon). Le fils et le père furent emprisonnés à Montluc (Lyon).
On accusa Jaques Mautret d’avoir fait sauter une voiture radiogoniométrique stationnée dans l’enceinte de l’hôtel des Postes (place Antonin-Poncet) avec deux camarades.
Le 21 janvier 1944, le tribunal militaire allemand siégeant à Lyon condamna à mort Jacques Mautret et Henri Thomas comme francs-tireurs. Le 4 février 1944, il a été fusillé avec Henri Thomas sur le stand de tir du terrain militaire de la Doua.
Son corps fut retrouvé après la guerre dans le charnier de la Doua et identifié par son père (qui fut déporté) le 14 août 1945.
Jacques Mautret écrivit une dernière lettre à sa sœur le 4 février 1944.
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Dernière lettre
 
Montluc, le 4 février 1944
Ma sœur chérie,
Je viens pour la dernière fois t’écrire cette lettre pour te dire que je suis condamné à mort par le Tribunal militaire allemand. Mon exécution a lieu le 4 février à 5 heures du soir, j’ai été condamné le 21 janvier 1944.
Sois courageuse, je regrette que ma nièce n’aura pas connu son oncle et j’ai aussi dans ma tombe ta photo, où tu es avec Évelyne, et la photo de la pauvre maman chérie, qui est morte en 1942 Je devais mourir comme ça, c’est la plus belle mort que de mourir pour son Pays ; Je suis accusé de terroriste (sic). . .
Quand tu iras aux Ollières, tu donneras le petit mot que j’ai laissé dans ma lettre au pépé et à la Mémé et au tonton et à Micheline.
Embrasse Hugues, Évelyne pour moi et fais-leur mes adieux.
Je te quitte pour aller vivre avec ma pauvre mère qui est morte.
Embrasse Évelyne et Hugues pour moi, et aussi tout le monde.
Je suis un peu nerveux, mais je n’ai pas pleuré, la mort ne me fait
pas peur. Adieu, mon Irène chérie. Je penserai toujours à vous.Gros baisers. . .
. Jacques.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Rhône, 182W265, 3335W22, 3335W7, 3335W21, 3335W11, 3335W27, 6MP706, 3460W3. – Arch. Dép. Loiret, registre d’état civil de Montargis. – Guy Krivopissko, La vie à en mourir lettres de fusillés (1941-1944), 2003, p. 271-273. – Bruno Permezel, Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours 2824 engagements, 2003.

Jean-Sébastien Chorin

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