Né le 6 décembre 1911 à Bordeaux (Gironde), fusillé le 5 mai 1943 dans la forêt de la Braconne, à Brie La Rochefoucauld (commune de Brie, Charente) ; technicien de l’aéronautique, traceur sur fer ; résistant.

René Michel, fils de Marcel, mécanicien, et de Toinette Antonnet, journalière, avait épousé Julienne Le Priol le 16 mai 1936. Il était père d’un enfant et résidait à Cenon (Gironde).
Selon Georges Beyer, membre du Comité militaire national créé par le Parti communiste français en octobre 1941, René Michel, alias Henri, participa à l’organisation de la résistance communiste dans le sud-ouest dès novembre 1940. Il développa la stratégie d’action immédiate contre l’occupant allemand, en s’appuyant, en particulier, sur les ouvriers dans les usines. Pour ce faire, il édita et distribua des journaux clandestins, comme La Voix des Charentes, des tracts et des affichettes. René Michel mit sur pied des groupes de sabotage de l’Organisation spéciale (OS) puis des Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Recherché par les autorités allemandes et contraint de s’enfuir de Bordeaux, il devint le responsable régional puis interrégional des FTPF. Il impulsa, en Gironde puis en Charente, de nombreux sabotages de la production, dans les usines ou sur les lignes électriques, stocka des armes et participa personnellement à des déraillements de trains de munitions à Dampierre (23 juin 1942), Bourg-Charente (10 octobre 1942) et Gensac-la-Pallue (29 octobre 1942).
Après un attentat contre la voie ferrée de Saintes aux environs de Jarnac (Charente), Michel, poursuivi par la police allemande, alla se réfugier quelques jours chez Flamari au Gond-Pontouvre (Charente), puis une dizaine de jours dans une maison appartenant à Angèle Brun, née Rondet, épicière à Champniers (Charente). Les Allemands apprirent où il était réfugié sur dénonciation d’un de ses camarades détenu à la prison d’Angoulême pour attentat contre les troupes d’occupation.
Le 17 novembre 1942 vers 23 heures, la Sipo-SD fit irruption, avec des policiers français, parmi lesquels René Penot, au domicile de madame Brun et organisa une souricière, en laissant un soldat disposant d’une photographie de René Michel. Hébergé dans une maison voisine, celui-ci fut arrêté lorsqu’il se présenta au matin chez madame Brun. Bien qu’ayant reçu une balle à la cuisse, il parvint néanmoins à s’échapper. Pour avoir caché René Michel, Monsieur Brun fut déporté et Madame Brun purgea une peine de sept mois d’emprisonnement.
René Michel se réfugia à Courcôme (Charente), chez un camarade, Cadier, qui lui prodigua des soins. Mais après une chasse à l’homme de plusieurs jours, il y fut arrêté le 23 novembre 1942, sur dénonciation d’un cheminot de la gare où il avait pris un billet pour Courcôme, appâté par la récompense de 100 000 francs offerte par les Allemands pour sa capture. Il prévint le maire qui alerta les autorités allemandes.
Incarcéré à Angoulême et peut-être à Bordeaux, il fut torturé et dut être hospitalisé à Angoulême où il fut soigné par Durosel, chirurgien. Il fit preuve en prison d’une dignité remarquable, suscitant l’admiration des codétenus et la considération des geôliers allemands.
Il fut condamné à mort le 30 avril par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 887 d’Angoulême pour activité communiste et sabotage de voies ferrées et passé par les armes par un peloton SS le 5 mai 1943 en forêt de la Braconne avec Jean Barrière et quatre autres résistants.
Il fut inhumé au cimetière de Saint-Michel (Charente).
Déclaré « Mort pour la France » le 28 mai 1945, il fut reconnu « Interné Résistant » le 10 juin 1955.
Son nom a été donné à une rue de Cenon (Gironde).
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Sites Internet.

AERI-Équipe Charente, Dominique Tantin.

Version imprimable