Né le 10 novembre 1922 à Paris, fusillé le 1er février 1944 à la Doua (Villeurbanne, Rhône) ; instituteur ; résistant, maquis l’Armée secrète (AS) de Beaubery (Saône-et-Loire).

Jean Michenot
Jean Michenot
Arch. Dép. Rhône, 3460W3
Enfant abandonné, il fut adopté par Marie Michenot, sœur de Daniel Michenot, professeur au conservatoire de Strasbourg (Bas-Rhin). Après le décès de Marie Michenot en 1941, c’est Daniel Michenot qui devint le père adoptif de Jean. Élève au collège de Saint-Jean-d’Angély (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), bachelier ès lettres, Jean Michenot devint instituteur intérimaire. Son dernier poste fut à Fouras (Charente-Inférieure, Charente-Maritime). Sa famille habitait à Breuillet.
Il fit partie du maquis de Beaubery (Saône-et-Loire), de l’AS, situé, à partir de septembre 1943, à Combrenod sur la commune de Montmelard (Saône-et-Loire). Le 11 novembre 1943, les soldats allemands attaquèrent le camp. Les maquisards résistèrent puis, par prudence, ils se replièrent le lendemain à Gillette, hameau de Gibles (Saône-et-Loire).
Le 14 novembre, les soldats allemands attaquèrent à nouveau à Gibles. Les résistants tentèrent de leur échapper mais le massif montagneux fut vite cerné.
Les Allemands arrêtèrent Jean Michenot et six autres camarades (Trivino, Gardenet, Deschamps, Morel, Quinchez et Bernard) alors qu’ils tentaient de sortir du bois. Vraisemblablement conduit à Mâcon en Saône-et-Loire (selon la dernière lettre de Michel Mazaud), il fut ensuite transféré à la prison de Montluc (Lyon, Rhône) avec ses compagnons. Les 14 et 15 janvier, le tribunal militaire allemand siégeant à Lyon jugea et condamna à mort Jean Michenot et quinze camarades du maquis comme francs-tireurs et pour avoir favorisé l’ennemi.
Les Allemands le fusillèrent le 1er février 1944 sur le stand de tir du terrain militaire de la Doua avec ses compagnons.
Enterré dans le charnier de la Doua, son corps fut retrouvé après la guerre et identifié par sa tante Marcelle Michenot le 28 janvier 1946.
Jean Michenot fut inhumé à Breuillet ou son nom est inscrit sur le monument aux morts ainsi qu’à Saint-Jean-d’Angély, Villeurbanne et Beaubéry.
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Lettre d’adieu :
 
Lyon le 1er Février 1944
 
Mes bien chers Parents,
 
Je viens vous faire mes adieux. Je ne vous reverrai pas dans ce monde. Ce soir à 16 heures je serai auprès de celle qui a tant fait pour moi, et à qui je n’aurai survécu que deux ans. Je ne croyais pas faire une si belle fin. J’en suis heureux et Dieu est auprès de moi. Je laisse à Jean [Gastiner ?] mon réveil qui est déjà à Paris. Tout ce qui me reste est pour Anne-Marie. Parlez lui encore un peu de son frère. Faites d’elle une vraie femme de France. Elle sera appelée à vivre dans un monde meilleur.
Merci de tout ce que vous avez fait pour moi. Mon corps, j’aimerais qu’il repose dans notre petit cimetière. Faites-le transférer s-v-p. Pour cela adressez vous aux autorités allemandes de Lyon.
Bons baisers et à Dieu.
Votre
Jean
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Rhône, 3335W22, 3335W16, 3808W15, 3460W3. – Amicale du Bataillon du Charollais, Le maquis de Beaubery et le bataillon Charollais, 1983. – Bruno Permezel, Montluc. Antichambre de l’inconnu (1942-1944), 1999. — Breuillet. — Mémorial GenWeb

Jean-Sébastien Chorin

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