Né le 9 novembre 1914 à Saiguède (Haute-Garonne), fusillé le 6 juin 1942 à Grand-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; instituteur ; résistant, membre du groupe Morpain puis du réseau L’Heure H.

Fils d’Antoine Méras, cultivateur, et de Marie (née Galinier), sans profession, Joseph Méras était marié et père d’un enfant. Il résidait au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) au 41 rue Félix-Faure. Selon les sources, il fut instituteur à l’école Louis-Blanc au Havre ou bien à l’école de Gonneville-la-Mallet (Seine-Inférieure, Seine-Maritime).
Il entra dans le groupe Morpain le 5 janvier 1941. Un témoignage raconte que Joseph Méras et un ami ont tenté pour la première fois de rejoindre l’Angleterre et les Forces françaises libres (FFL) au mois de février 1941 mais en vain. Membre actif, il appartint au sous-groupe Port. Agent de liaison, il fut reconnu agent P2 et obtint le grade de lieutenant. Il mit au point des croquis sur les ouvrages portuaires allemands, fit du renseignement sur l’appareillage des navires, puis transmit les informations à Londres grâce au réseau Béarn (BCRA) dirigé par le Docteur Gallet.
Il ne fut pas arrêté au mois de juin 1941 lors de la vague d’arrestation qui toucha vingt-cinq membres du groupe Morpain mais le 19 février 1942 (alors qu’il appartenait au réseau L’Heure H), suite à une dénonciation anonyme, pour « intelligence avec l’ennemi et tentative de franchissement de ligne de démarcation en vue de s’engager dans l’armée du général de Gaulle ». Une perquisition eut lieu chez lui et les autorités allemandes trouvèrent des plans de la défense portuaire du Havre.
Transféré à la prison de Rouen au mois d’avril 1942, Joseph Méras fut condamné à mort le 29 mai 1942 par le tribunal militaire allemand de Rouen (FK 517) pour « tentative de franchissement de la ligne de démarcation ou pour propagande gaulliste ».
Joseph Méras a été fusillé le 6 juin 1942 à 6 heures au stand de tir du Madrillet à Grand-Quevilly.
Dans son discours prononcé le 11 décembre 1949, lors de l’inauguration du monument du stand des fusillés de Grand-Quevilly, l’abbé Bellamy dit : « [...] M. Joseph Méras, poète et instituteur public à Sanvic, est monté ici en déclamant une poésie de Paul Verlaine, puis face au peloton d’exécution, il cria bien fort, comme l’avait fait trois mois auparavant M. Roy de Bihorel ``Vive Dieu, vive la France’’ ! »
Extrait de la dernière lettre de Joseph Méras : « Je n’ai vraiment pas peur, je crois avoir mérité le ciel, et je pense à toi Hélène [sa petite fille âgée de cinq ans], à ma vieille maman ; certes, ce sera sans reproche et sans haine, mais non sans regret, cet arrachement de vous laisser toutes les trois... Recueille le meilleur de ce que je t’ai laissé, et le meilleur que tu auras encore de moi garde le pour Hélène. Plus tard, fais lui comprendre que je lui ai laissé un héritage assez beau. »
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – SHD, 16 P 411300. – Arch. Dép. Seine-Maritime, 51W 419. – Arch. Dép. Seine-Maritime, 51 W428. – Rebière Pierre, Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine-Maritime, 1940-1944, Association départementale des familles de fusillés de la Résistance de Seine-Maritime, 1994. – Précision sur transmission à Londres par Michel Baldenweck en 2020. – État civil.

Jean-Paul Nicolas, Delphine Leneveu, Thomas Piéplu

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