Né le 26 mai 1908 aux Milles (Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône), fusillé le 18 juillet 1944 à Signes (Var), directeur de coopérative ; responsable local de la Section atterrissage et parachutage (SAP), socialiste.

Roger Chaudon
Roger Chaudon
SOURCE : Arch. privées
Fils d’un cultivateur du hameau des Milles, commune d’Aix-en-Provence, Roger Chaudon était domicilié à Oraison (Alpes-de-Haute-Provence), où il se maria en février 1935 avec Andréa, Delphine Barjavel. Il était père d’une fille née en 1941.
D’abord gérant de cinéma, puis directeur du silo d’Oraison des Coopératives agricoles des Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), c’était un ami de Louis Martin*-Bret, fondateur des Coopératives et conseiller général socialiste du canton de Manosque. Il fit partie de son premier groupe de résistance, affilié au mouvement Combat, avant l’occupation italienne en novembre 1942, puis aux Mouvements unis de Résistance (MUR).
Son activité clandestine était partagée par son épouse. Cette activité fut très variée : ravitaillement des maquis, hébergement de résistants (il aurait caché un cadre du PCF, Julien, qui avait pour mission de réorganiser le parti en 1943), responsabilité du service des faux papiers (il aurait fait plusieurs voyages dans le nord de la France d’où il aurait ramené une collection de cachets et d’imprimés). Il fut arrêté par les Italiens le 11 juin 1943 et interné. C’est certainement après sa libération à la débâcle italienne de septembre 1943 qu’il devint responsable local des parachutages pour la Section atterrissage et parachutage (SAP) et, de ce fait, sous les ordres de René Char, qui évoque dans les Feuillets d’Hypnos le terrain d’Oraison (terrain destiné à des parachutages d’hommes) :
« Peu de jours avant son supplice, Roger Chaudon me disait : ``Sur cette terre, on est un peu dessus, beaucoup dessous. L’ordre des époques ne peut être inversé. C’est, au fond, ce qui me tranquillise, malgré la joie de vivre qui me secoue comme un tonnerre...’’ » Roger Chaudon fut arrêté chez lui, à Oraison, le 16 juillet 1944, en même temps que les membres du CDL des Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), par l’armée allemande et ses auxiliaires français de la 8e compagnie Brandebourg.
Remis à la Gestapo, emprisonné aux Baumettes à Marseille, il a été fusillé avec ses camarades et d’autres résistants, après un jugement sommaire sur place, le 18 juillet, au fond d’un vallon isolé, dans les bois de Signes. Les corps ont été exhumés le 17 septembre 1944. Un monument funéraire a été inauguré le 18 juillet 1946 dans ce lieu, connu désormais comme le « Vallon des fusillés » et devenu nécropole nationale en 1996. Un monument à Oraison rappelle l’arrestation du 16 juillet. Roger Chaudon fut homologué lieutenant FFI à titre posthume. Une rue d’Aix-en-Provence porte son nom, ainsi que, depuis le 4 décembre 1971, un chemin rural d’Oraison.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Presse locale (La Marseillaise, 19 septembre 1944). – René Char, Les Feuillets d’Hypnos, 1946. – CDIHP, Le Mémorial de la Résistance et des combats de la Seconde Guerre mondiale dans les Basses-Alpes, Digne, 1992. – Jean Garcin, De l’armistice à la Libération dans les Alpes-de-Haute-Provence 17 juin 1940-20 août 1944, Digne, 1983 et rééd. 1990. – Claude Sauve, Oraison, origine historique des noms des rues, Oraison, Office de tourisme, sd. – Jean Vial, Un de l’AS bas-alpine. Souvenirs d’un résistant, 1er édition Marseille, imprimerie Villard, 1947. – État civil.

Thérèse Dumont, Jean-Marie Guillon

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