Né le 27 juillet 1904 à Arras (Pas-de-Calais), fusillé, par condamnation, le 5 avril 1944 à Arras ; agent du cadastre ; résistant au sein du réseau Centurie et de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Fils de Gaston Tison et de Colombe Bouche, Jean Tison, domicilié à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais) au 28 cité des Mutilés, était marié avec Margaret (née Wettstein) et père d’un enfant.
Entré au réseau Centurie en 1942, puis à l’OCM à partir de juin 1943 sous les pseudonymes de « Miot » et « Deneuville », il devint ensuite responsable départemental OCM pour le Pas-de-Calais en remplacement de Pierre Baudel. À ce titre, il participa à des parachutages d’armes, à la formation de groupes et fut chargé des liaisons avec l’état-major national.
Alors qu’il était à la tête du département pour l’OCM, Jean Tison eut la jambe fracturée lors d’un accident de moto. Hospitalisé à Lens, il y fut appréhendé par la Geheimfeldpolizei (GFP) d’Arras pour « aide à l’ennemi » dans la nuit du 30 au 31 décembre 1943, lors d’une vaste opération de police frappant l’OCM. Il fut incarcéré dans la prison Saint-Nicaise à Arras et torturé. Il partagea un temps la même cellule que Roland Farjon et le colonel Alfred Touny. En janvier 1944, l’affaire OCM fut reprise par un tout nouvel appareil répressif allemand envoyé dans le nord de la France pour assurer la protection des différents sites destinés aux nouvelles armes secrètes de Hitler, les fameux V1 et V2.
Jean Tison fut alors transféré dans les dépendances de l’Hôtel du Commerce, qui était le siège de cet « ange gardien des V1 ». Les principaux responsables de l’OCM, dont Jean Tison, ont été confrontés tour à tour avec Roland Farjon. Celui-ci, responsable de l’OCM pour la Zone nord, qui avait été arrêté le 23 octobre 1943 en possession de la liste des membres de son organisation, leur conseilla, pour, dit-il, leur éviter la torture, de ne rien cacher, puisque la police allemande était déjà informée.
Au terme de l’instruction, Jean Tison comparut, le 5 avril 1944, devant le tribunal spécial du 65e corps d’armée allemand qui siégeait à la caserne Schramm à Arras. Condamné à mort pour espionnage, il fut exécuté le jour même dans le plus grand secret en compagnie de onze autres grandes figures de la Résistance locale et nationale, comme André Tempez, Alfred Touny et Jean Cavaillès.
Les corps, sans sépulture, furent retrouvés à la suite de sondages, après la libération d’Arras, le 23 octobre 1944, dans une fosse commune soigneusement dissimulée par les nazis. Ils ne furent identifiés (notamment par le commandant Lhermitte responsable de l’OCM) que par des détails de leur physique ou de leurs vêtements.Un plâtre à une jambe aurait permis son identification.
Une plaque est apposée sur la mairie du village de Neuville-Saint-Vaast où vivait Jean Tison.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Pas-de-Calais, M. 5022/1 et 51 J/9. – J.-M. Fossier, Zone interdite, op. cit., p. 266. – Gilles Perrault, La longue Traque, Éd. JC Lattès, Paris, 1975, p. 338. – Mémorial des fusillés d’Arras. – Fonds « Fernand Lhermitte » et « André Velut » (La Coupole). – Laurent Thiery, La répression allemande dans le Nord de la France (1940-1944), Lille, Presses du Septentrion, 2013, p. 239-256. – La Voix du Nord, 25 août 1968. — Notes de Marie-Christine Allart (dont dossier CVR et SHD de Vincennes).

Christian Lescureux, Laurent Thiery

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