Né le 28 décembre 1903 à Saint-Étienne (Loire), exécuté sommairement par les Allemands le 15 juin 1944 à Lyon (Rhône) ; pharmacien ; résistant de Saône-et-Loire ; membre du réseau Jade-Fitzroy.

Noël Jumeau
Noël Jumeau
Lors de la naissance de Noël Jumeau, son père âgé de trente ans, était élève pharmacien et domicilié avec son épouse 25 rue de la Croix à Saint-Etienne.
Noël Jumeau s’installa pharmacien rue du Collège à Cuisery (Saône-et-Loire). Dès le début de l’Occupation, il refusa la capitulation et en octobre 1942, il rejoignit le réseau Jade-Fitzroy dépendant de l’Intelligence Service créant un sous-réseau dans le secteur de Tournus et Cuisery dont le responsable était Paul Chaury contrôleur des PTT. Noël Jumeau devint un de ses adjoints,il transmettait des renseignements écrits et photographiques vers l’Angleterre et fournissait des faux papiers. Chargé de mission sous le pseudonyme de Rivière, il avait le grade de lieutenant.En 1943, l’activité du réseau composé de quarante-et-un membres dont douze femmes s’intensifia mais les arrestations se multiplièrent un agent des services secrets allemands, l’Abwher ayant infiltré le réseau ; démasqué, le 21 août il a été exécuté.
Le 9 janvier 1944 à Paris, un des responsables du réseau René Fortin, porteur de documents non codés fut arrêté. Le lendemain, se sachant surveillé, quand la Gestapo vint frapper à la porte de sa pharmacie prétextant des soins pour un malade, il tenta de prendre la fuite par l’arrière du bâtiment mais la Feldgendarmerie ouvrit le feu le blessant et le captura. Transporté à l’hôpital de Tournus, le 13 janvier il fut transféré à la prison de Montluc à Lyon et interrogé par Klaus Barbie, puis en raison de son état de santé, interné à l’hôpital lyonnais de l’Antiquaille. Les religieuses hospitalières tentèrent de le protéger en utilisant des stratagèmes médicaux, l’abbé Boulin, ami de sa famille lui proposa de le faire évader ; il refusa craignant des représailles pour ses compagnons de chambre. Transféré de nouveau à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon, administré par les Allemands, il rejoignit d’autres résistants.Il y a été fusillé le 15 juin 1944 avec Georges Lyvet, René Israël, et un inconnu. Son décès est attribué « à plaie pénétrante par balle région temporale droite ». Il fut inhumé, le 22 juin 1944, sous le numéro 339 au cimetière de la Guillotière à Lyon.
Deux témoignages nous permettent de connaître les circonstances de son exécution. Celui d’une religieuse de l’hôpital de l’Antiquaille : « Je n’ai connu que Jumeau qui était hospitalisé détenu dans mon service. C’est le 14 juin qu’il a été emmené par des militaires allemands qu’on m’a dit être des SS. Cinq jours avant ils étaient déjà venus pour l’emmener. J’avais pu le garder prétextant son état fiévreux. A ce moment ils ont dit qu’ils reviendraient six jours plus tard. Ils sont revenus le 14 juin armés de mitraillettes et malgré nos instances pour le garder car il avait encore 40 degrés de température, ils nous ont menacés de leurs mitraillettes, en même temps ils nous montraient sur leur montre le nombre de minutes qu’ils accordaient pour le préparer. M Jumeau comme moi savait bien ce qui l’attendait. Il a eu beaucoup de courage... ». Et celui du commissaire de police de Lyon : « Le 15 juin 1944, j’ai été requis par les autorités allemandes occupant l’hôpital militaire de la Croix Rousse aux fins d’enlèvement de quatre cadavres de Français. Aucune identité ne m’a été fournie. Ces corps ont été transportés à l’institut médico légal sous le numéro 297,298, 299, 300. ».
Une plaque rappelle son souvenir à Cuisery.
_
Son nom est également gravé sur plaque commémorative apposée à l’entrée de l’hôpital de la Croix-Rousse où une cérémonie annuelle est organisée par l’ANACR, le 15 juin pour saluer la mémoire des exécutés du "15 juin", Georges Lyvet, René Israël, Noël Jumeau et un inconnu.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, dossier 21 P 467 187. — Sur les chemins de l’histoire et du souvenir, département de Saône-et-Loire, Commission Départementale de l’Information Historique et pour la Paix, 1988. — État civil.

Jean-Pierre Besse

Version imprimable