Né le 17 novembre 1921 à La Chapelle-aux-Chasses (Allier), fusillé le 8 décembre 1943 au champ de tir de Challuy (Nièvre) ; cultivateur ; résistant.

Marcel Gaillard était le fils de Hilaire, né le 20 mai 1886 à Beaulon (Allier), et de Marie, née Bourgeois le 19 septembre 1892 à Montambert (Allier). Son frère Maurice et lui, tous deux célibataires demeuraient avec leurs parents , cultivateurs au Domaine des Pailloux à Gannay-sur-Loire (Allier).
Marcel Gaillard s’engagea dans la Résistance avec son frère et devint agent P2 du réseau Action du Bureau des opérations aériennes (BOA) région CDP 3 à compter du 1er avril 1943. Ils étaient chargés de la récupération et du camouflage des parachutages d’armes.
Le samedi 9 octobre 1943, la police allemande (Sipo-SD) arrêta sept personnes dans la commune de Gannay-sur-Loire, parmi lesquelles Marcel et Maurice Gaillard, aussitôt internés à la maison d’arrêt de Moulins jusqu’au 8 décembre 1943. Dans l’après-midi, les Allemands revinrent à Gannay, au lieu-dit « La Motte-aux-oies » où, dans une carrière, ils se saisirent d’un important dépôt d’armes : une quinzaine de grands containers et une trentaine de petits, transportés à Moulins vers 18 heures dans un camion réquisitionné. Quelques semaines plus tard, les Allemands revinrent et arrêtèrent trois autres personnes. Sur les dix prisonniers, quatre furent libérés ultérieurement.
Ils furent transférés à la maison d’arrêt de Nevers sur laquelle un site Internet apporte les précisions suivantes : « La maison d’arrêt de Nevers a hébergé durant les années sombres de l’Occupation des patriotes français arrêtés par la Gestapo. Tout était mis en œuvre pour que ces résistants ne soient pas reconnus des gardiens français qui travaillaient là. Ils étaient orientés dès leur arrivée au 2e étage, entièrement cloisonné, appelé le ``quartier allemand’’. Les fenêtres étaient obstruées de façon à empêcher toute vue ou contact avec l’extérieur. Les issues étaient toutes bouchées, le 2e étage était totalement isolé. Les patriotes étaient regroupés à 2, 3 ou 4 par cellule, d’où ils ne sortaient que quelques minutes le matin pour une toilette rapide, ou pour les corvées de nettoyage ou de soupe. Ils avaient parfois la possibilité d’accéder à la promenade, sous la surveillance très étroite des Allemands, tandis que tout le reste de la prison était consigné. Les interrogatoires avaient lieu soit à la Kommandantur, soit rue des Chauvelles. La durée de détention des patriotes à Nevers était variable. Certains étaient déportés vers les camps de travail en Allemagne ou transférés dans d’autres prisons françaises. Les autres étaient emmenés au champ de tir de Challuy pour y être fusillés. »
Arrêtés pour détention d’armes, les deux frères et leurs quatre compagnons de détention, Jean Chevalier, Jean-Marie Faure, Jean Roy et François Veillerot, furent condamnés à mort le 29 novembre 1943 par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 568 de Nevers pour « acte de franc-tireur » et fusillés le 8 décembre au champ de tir de Nevers à Challuy. « Le monument du champ de tir rappelle la mémoire des 32 patriotes qui, entre le 12 janvier 1942 et le 30 juin 1944, ont été fusillés en ce lieu par l’occupant nazi. » (Site Internet.) Marcel Gaillard tomba sous les balles à 8 heures. Les victimes furent inhumées au cimetière de Nevers.
« Chargé de mission de 3e classe » avec pour grade d’homologation celui de sous-lieutenant, Marcel Gaillard fut déclaré « Mort pour la France » le 26 septembre 1945 et reconnu Interné Politique le 6 juin 1963 puis Interné Résistant le 29 octobre 1964. Lui et son frère Maurice furent décorés à titre posthume de la médaille de la résistance par décret du 18 mars 1970.
À proximité du monument aux morts de Gannay-sur-Loire, un panneau présente les photographies des six fusillés.
Nevers, champ de tir de Challuy (12 janvier 1942-30 juin 1944)
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Site Internet : Sermoise-sur-Loire. – État civil.

Dominique Tantin

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