Né le 7 décembre 1870 à Bellac (Haute-Vienne), massacré le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; négociant ; SFIO ; maire élu en 1935 ; victime civile.

Joseph, Antoine Beau
Joseph, Antoine Beau
crédit : Isabel Val Viga
Courtier Joseph Beau, Oradour-sur-Glane
Courtier Joseph Beau, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Courtier Joseph Beau, Oradour-sur-Glane
Courtier Joseph Beau, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Courtier Joseph Beau, Oradour-sur-Glane
Courtier Joseph Beau, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
plaque Joseph Beau, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque Joseph Beau, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Joseph Beau était le fils de Léonard (né le 25 février 1834 et décédé le 8 avril 1887, à Cieux), sabotier, et de son épouse Catherine née Rebeyrat (née le 11 octobre 1852, à Bellac et décédée le 9 septembre 1923, à Aixe-sur-Vienne), couturière, servante. Ses parents s’étaient mariés le 28 février 1870 à Bellac.
Le 4 février 1896 à Oradour-sur-Glane, il épousa Anne Teillet (née le 20 septembre 1879 et décédée le 29 octobre 1910, à Oradour-sur-Glane), épicière. Joseph Beau prit la succession de ses beaux-parents épiciers en 1898 jusqu’en 1920, date à laquelle il céda le fonds à sa fille Alice Irmine* et son époux Émile Desourteaux*. De cette union naquirent cinq enfants François Léon (15 février 1899) époux de Catherine Beau, Marie Renée (née le 6 février 1901) épouse de Marcel Thomas (fils de Jean* et de son épouse Marie née Theillaud*) parents de Georges* et de Raymond*, Marcel Léon (né le 18 août 1902) époux de Juliette Arenes, Alice Irmine* (née le 27 mai 1904) épouse Émile Desourteaux*, parents d’André [survivant], Anne-Marie Bernadette*, Geneviève Lucienne*, Jeanne Clémence (née le 23 novembre 1905) épouse de René Georges Mathis, tous nés à Oradour-sur-Glane.
Joseph Beau fut candidat « socialiste » aux élections municipales de mai 1900 et obtint 46 voix sur 466 votants. Quatre ans plus tard, de nouveau candidat, il recueillit 89 voix au premier tour mais il ne semble pas s’être présenté au second. Le maire d’Oradour étant décédé, son fils, le docteur Paul Desourteaux*, grand-père paternel de l’auteur du témoignage cité aux sources, obtint 331 voix sur 461 suffrages exprimés et fut élu maire. Joseph Beau avait obtenu 130 voix. Aux élections des 3 et 11 mai 1908, J. Beau, candidat sur une liste radicale-socialiste opposée à la liste républicaine-radicale du maire, fut élu conseiller municipal ainsi qu’un autre de ses colistiers.
En 1914, le docteur Paul Desourteaux* ayant été mobilisé et son adjoint ayant démissionné le 20 avril 1915, Joseph Beau assuma les services de la mairie et ce jusqu’en 1919. Aux élections des 30 novembre et 7 décembre de cette année, la liste socialiste SFIO de Joseph Beau emporta tous les sièges moins un au docteur Desourteaux. Joseph Beau fut élu maire et il conserva ce mandat aux élections des 3 mai 1925, 5 mai 1929 et 5 mai 1935. Pour remplacer le conseiller d’arrondissement communiste du canton élu conseiller général, J. Beau fut candidat du Parti socialiste le 9 mai 1925. Il recueillit 1 024 voix contre 1 580 au communiste Gaudry et 991 à Ribette, candidat de droite. Il se retira et le communiste fut élu au second tour de scrutin.
Le dernier mandat de maire de Joseph Beau s’acheva en 1941 et, comme pour la plupart des municipalités socialistes, il ne fut pas renouvelé par le gouvernement de Vichy qui nomma une délégation spéciale composée du Dr Paul Desourteaux, président, de Léon Denis*, marchand de vins au bourg et d’André Foussat*, minotier au Repaire.
Il était domicilié avec sa fille et son gendre Émile Desourteaux*, au Bourg d’Oradour-sur-Glane.
Ses enfants, Marie Renée et son époux habitant Les Bordes, Léon François et son épouse habitant Les Tuilières des Bordes, échappèrent au massacre, à Oradour-sur-Glane, hameaux non raflés le 10 juin 1944.
Son petit-fils André, échappa également au massacre, absent pour le travail à la poste de Limoges.
« Le 9 juin la veille du massacre, j’étais de repos, donc j’étais à Oradour. Je suis parti le soir, pour coucher à Limoges et pour reprendre mon servie à 5H du matin. (…) Le train d’Oradour n’est pas rentré. J’ai mis mon vélo dans le train et je descendu à Saint-Victurnien, puis je suis parti à vélo. (…) Ce n’est qu’en arrivant à hauteur de la Villa Lavérine, c’est là que je me suis aperçu que l’église avait brûlé. Alors, je suis descendu, j’ai traversé le bourg, je me suis arrêté devant chez moi, mes parents habitaient à côté de l’école des filles, dans le centre du bourg, je me souviens avoir regardé ma maison qui était complètement brûlée. J’ai repris mon vélo, je suis monté jusqu’en haut du bourg, c’est là que j’ai rencontré le premier habitant M. Machefer. (…) Des habitant ont commencé à arriver et certains m’ont dit, Marcel Darthout est chez sa tante à la Fauvette, il a été blessé. (…) je retrouvais le frère de Marcel, Aimé Darthout, nous sommes allés dans les granges, où les gens avaient été tué. »
Il fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich, mitraillé puis brûlé avec son gendre et une partie de sa famille dans l’une des six granges dans lesquelles les hommes furent massacrés. Sa filles et ses petits-enfants et une partie de sa famille furent brûlés dans l’église avec l’ensemble des femmes et des enfants d’Oradour-sur-Glane, les corps de ses petit-fils Georges et Raymond Thomas furent identifiés.
Joseph Beau obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
Son fils Léon François et son épouse, seront des habitants du village provisoire.
Ses fils, Léon François décède en juillet 1988, et Marcel Léon le 21 août 1986 à Verrières (Aveyron). Ses filles, Marie Renée décède le 31 juillet 1944 à Oradour-sur-Glane, et Jeanne Clémence le 21 septembre 1964 à Montluçon (Allier).
Voir Oradour-sur-Glane
Sources

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — MémorialGenWeb. — Compère-Morel, Grand Dictionnaire socialiste, p. 67. — La Vie socialiste, 13 et 20 mai 1926. — Archives État civil de la Haute-Vienne, actes de naissances, mariages, décès, recensements. —Extrait du témoignage d’André Désourteaux recueilli par le centre de mémoire. — Sarah Farmer,  Oradour 10 juin 1944 , extrait interview André Desourteaux, par Marc Wilmart, 17 mars 1988 et Michel Follin le 8 juin 1988, à Oradour, éditions Tempus (p138-139). — André Desourteaux et Robert Hébras, Oradour-sur-Glane, Notre Village assassiné, éditons CMD, (p83).

Jean Maitron, Isabel Val Viga

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