Né le 10 juillet 1911 à Paris (XVIIe arr.), fusillé comme otage le 2 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; militant communiste ; chef de la publicité à Ce Soir, au quotidien collaborationniste Le Matin, au journal allemand Parizer Zeitung ; résistant du réseau Ceux de la Libération (CDLL).

Fils de Victor, emballeur, et de Marie, née Faisot, sans profession, Georges Maliard épousa Maria Vandervondelen le 27 juillet 1929 en mairie de Bezons (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Une fille naquit en 1932, la famille demeura 7 rue Descombes et 63 rue Pierre-Demours (XVIIe arr.). En 1934, il se sépara de sa femme, vécut avec Suzanne Laurençon, mère d’un garçon. Ils habitèrent 172 rue Legendre (XVIIe arr.). Il divorça le 8 août 1940.
Georges Maliard adhéra au Parti communiste, devint secrétaire de cellule, membre du comité de section du XVIIe arrondissement, chargé de la liaison avec la fédération Paris-Ville au 120 rue Lafayette (Xe arr.). Chef de la publicité au quotidien communiste Ce Soir en 1937, il fut mobilisé le 2 septembre 1939 au 41e Régiment d’infanterie coloniale à Fontenay-le-Comte (Vendée), il fut démobilisé le 15 octobre 1940.
Ce Soir, comme tous les titres de la presse communiste, fut frappé d’interdiction de parution. Georges Maliard devint courtier en publicité au quotidien collaborationniste Le Matin, puis le 1er janvier 1941 au journal allemand Parizer Zeitung au 100 rue de Réaumur (IIe arr.). En décembre 1941, la police suspecta Maliard d’activité clandestine au profit du Parti communiste. Son domicile fut mis sous surveillance. Le 5 janvier 1942 les policiers le perquisitionnèrent... sans succès.
Georges Maliard menait depuis l’été 1940 une activité très dangereuse, en contact avec le réseau CDLL. Il était membre du service de renseignements, agent P2 (rémunéré), chef de groupe. De par son activité professionnelle au Matin et à la Parizer Zeitung, il côtoyait nombre de collaborateurs, recueillait des renseignements qu’il transmettait. Ceux de la Libération travaillait en liaison avec le service de renseignements Air de Vichy qui lui-même était en liaison avec l’Intelligence Service. Dans son quartier, Georges Maliard donnait le change et se vantait publiquement de ses excellentes relations avec les Allemands de la Parizer Zeitung.
Le 28 septembre 1942, il fut arrêté selon les sources par la police allemande ou française, interné au camp de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis) où il fut détenu. Un an après, le 28 septembre 1943 des FTP-MOI tuaient Julius Ritter responsable allemand du Service de la main-d’œuvre en France, rue Pétrarque à Paris (XVIe arr.). Les deux auteurs de l’attentat Marcel Rajman et Celestino Alfonso furent ultérieurement arrêtés et fusillés le 21 février 1944. En représailles, les Allemands décidèrent de fusiller cinquante et un otages dont trente-sept communistes et quatorze membres du réseau Alliance.
Transféré le 2 octobre 1943 de Romainville au Mont-Valérien, Georges Maliard y fut passé par les armes. Le corps de Georges Maliard fut incinéré au Père-Lachaise ; ses cendres furent inhumées au cimetière de Bagneux (Seine, Hauts-de-Seine).
Le réseau Ceux de la Libération fut homologué du 1er janvier 1941 au 30 septembre 1944. Le 13 février 1950, les cendres de Georges Maliard furent inhumées dans le caveau de famille du cimetière de Houilles (Seine-et-Oise, Yvelines). Son nom figure sur une plaque commémorative apposée sur le mur de l’ancien cimetière en hommage aux fusillés et aux morts des combats de la Libération. Le conseil municipal donna le nom de Georges Maliard à une rue de la ville.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., 77W 205 (transmis par Gilles Morin). – DAVCC, Caen, B VIII dossier 6 (Notes Thomas Pouty). – F. Marcot (sous la dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, op. cit., p. 114-116 (article de Claire Andrieu). – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (XVIIe arr.).

Daniel Grason

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