Né le 6 septembre 1907 à Mauléon (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques), fusillé comme otage le 18 mai 1942 à Évreux (Eure) ; cuisinier ; militant syndical ; résistant au sein des FTPF.

Fils de Jean Samalbide, sandalier, et d’Anna Borao, Arnaud Samalbide épousa Jeanne, Marie Bergeire, née à Bordeaux (Gironde) le 20 octobre 1908, mariage célébré le 28 septembre 1929 à Villenave-d’Ornon. Père de Jean (né en 1930), il était domicilié à Saint-Sébastien-de-Morsent (Eure).
Arnaud Samalbide travaillait au sanatorium de la Musse, à Aulnay-sur-Iton. Il s’engagea dans la Résistance en fondant sur son lieu de travail un groupe du Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France, mouvement de résistance fondé et dirigé par le Parti communiste français (PCF). Il organisa la diffusion de tracts et de journaux édités par le Front national, notamment l’appel constitutif national de mai 1941, et participa à la recherche de renseignements. Une attestation d’appartenance aux FTPF, organisation militaire du Front national, a été établie à l’issue de la guerre par Paul Vezin, maire d’Aulnay-sur-Iton.
Le témoignage de Roger Gouin, responsable du secteur d’Évreux du Front national, en date du 25 février 1962, relate son action et les circonstances de son arrestation : « Secrétaire du syndicat du personnel du sanatorium de la Musse [Arnaud Samalbide] avait organisé à l’intérieur de l’établissement un réseau de résistance rattaché au FN composé de syndicalistes, de communistes, de sans parti et même d’un ancien PSF [Parti social français du colonel de La Rocque]. Ce groupe s’était déjà signalé par une action patriotique le 1er mai 1941, action psychologique, diffusion de tracts anti-allemands, renseignements. C’est à la 3e diffusion que les responsables furent arrêtés (les tracts furent retrouvés dans une niche à lapins) sur dénonciation du curé de Saint-Sébastien qui s’était procuré la photographie de la manifestation du 1er mai 1941, l’avait fait agrandir et transmise aux autorités militaires. Tous ceux qui se trouvaient au premier rang furent arrêtés, Samalbide, secrétaire du syndicat du personnel, Larçonnier, délégué du personnel, Gatinel, trésorier du syndicat, Lechek, Démare, Goulaen, Thépau, Legal (cinq ont été fusillés, un mort en déportation, un relâché après six mois de détention et un libéré). En même temps qu’eux la gendarmerie française procédait à l’arrestation d’un certain nombre de personnes totalement étrangères au groupe qui ne furent jamais interrogées et libérées au bout de quelques jours, ceci afin d’égarer les soupçons qui auraient pu se porter sur les dénonciateurs. »
Arrêté le 26 mars 1942 avec d’autres résistants sous l’inculpation de « propagande communiste », Arnaud Samalbide fut incarcéré à la maison d’arrêt de Bernay sur mandat de dépôt du Juge d’instruction d’Évreux du 25 mars 1942 pour « activité communiste ». Il fut remis aux autorités allemandes le 28 mars en vertu d’un ordre de la Feldkommandantur de Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime).
Condamné à mort le 8 ou le 9 mai 1942 par le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur 517 d’Évreux pour « aide à l’ennemi et distribution de tracts », Arnaud Samalbide fut exécuté le 18 mai 1942 à 9 heures comme otage au lieu-dit Le Long Buisson.
Il fut reconnu « Mort pour la France » le 2 mai 1945 et « Interné Résistant » le 4 février 1963.
Sources

SOURCE : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty).

Dominique Tantin

Version imprimable