Né le 4 mai 1924 à Fargniers (Aisne), fusillé le 8 avril 1944 à Saint-Quentin (Aisne) ; déchargeur à la SNCF ; résistant au sein des FTPF, groupe de Tergnier.

Fils de Louis Daffromont, ouvrier agricole, et de Hélène Aplancourt, sans profession, Maurice Deffromont, célibataire, était domicilié à Tergnier (Aisne) où il travaillait. Il était membre des FTPF depuis le mois de juillet 1943. Il y fut arrêté par la Sipo-SD de Saint-Quentin le 28 janvier 1944, pour actes de franc-tireur et sabotages de voies ferrées. L’arrestation eut lieu au cours d’une réunion : d’autres résistants et des soldats alliés furent également capturés. Maurice Deffromont avait notamment caché des armes et des munitions à son domicile, ainsi qu’un officier russe.
Emprisonné à Saint-Quentin, il fut traduit devant le tribunal militaire allemand FK 602 de la ville (au 23 rue d’Isle). Condamné à mort le 7 avril, il a été fusillé le lendemain au champ de tir de La Sentinelle, route de Cambrai, par les autorités allemandes.
Vingt-sept résistants furent abattus le même jour, comme le rappelle la plaque commémorative apposée sur le mur de l’ancien tribunal allemand. Après leur exécution une affiche fut apposée à Saint-Quentin : « Avis Important. Les 6 et 7 avril 1944, le tribunal Allemand compétent a condamné à mort une bande de terroristes pour avoir perpétré des attentats dans les départements de l’Aisne et du Nord, depuis l’été 1943 jusqu’au mois de février 1944. Ces terroristes ont non seulement commis des actes de sabotage sur les voies ferrées, les locomotives de chemin de fer et le canal de l’Aisne mais ont aussi attaqué à main armée les mairies et les fermes de la Région. Ce sont des armes et des explosifs lâchés par des avions anglo-américains qu’ils ont ramassés et qui leur ont servi à exécuter leurs attentats, par suite desquels nombre de personnes pour la plupart de nationalité française ont été tuées ou blessées. De plus, le secteur économique, c’est-à-dire notamment la population française du pays a essuyé des pertes déplorables. Les arrêts de mort précités ont été mis à exécution. Il y a lieu à cette occasion de rappeler encore une fois à la population civile les graves conséquences auxquelles s’expose quiconque participe à de pareils actes de terrorisme ou bien néglige d’avertir les autorités aussitôt qu’il a connaissance d’un attentat, soit effectué, soit projeté. Der Feldkommandant » (BVII). L’avis concernait non seulement les résistants arrêtés appartenant à différents groupes de la moitié nord du département et de Busigny (Nord), mais aussi la population de l’Aisne.
Son jeune frère Jean (homologué DIR, GR 16 P 164663), né le 8 janvier 1926 à Fargniers, employé de la SNCF, également résistant, fut arrêté le même jour. Emprisonné à Saint-Quentin puis à Compiègne, il fut déporté au camp de Dachau où il mourut. Le nom de Maurice Deffromont figure à Saint-Quentin, sur le monument de La Sentinelle. Il est également inscrit sur le monument aux morts de Tergnier, avec celui de son frère. Il fut homologué FFI et DIR (GR 16 P 164153). La médaille de la résistance lui fut attribué par décret du 25 janvier 1967 (JO du 10 fév.).
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Aisne, J 1447, J 1461/13 ; état civil ; SHD, dossiers adm. des résistants ; DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). Liste des médaillés de la Résistance à titre posthume (ap. 1948). — Notes Jean-Pierre Besse. — Monument de La Sentinelle, et plaque commémorative au 23 rue d’Isle (Saint-Quentin).

Frédéric Stévenot

Version imprimable