Né le 8 février 1926 à Malestroit (Morbihan), fusillé après condamnation à mort le 30 juin 1944 à Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine) ; mécanicien ; résistant du réseau Vengeance.

À la Maltière en Saint-Jacques-de la-Lande
À la Maltière en Saint-Jacques-de la-Lande
Sur le monument des martyrs de la Résistance</br> à Ploërmel
Sur le monument des martyrs de la Résistance
à Ploërmel
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson
Paul Hervy
Paul Hervy
Crédit : Jean-Paul Roger
Paul Hervy était le fils d’Henri Louis Hervy et de Jeanne Marie Modeste Jaunay. Célibataire, il était domicilié chez ses parents, villa les Marguerites à Ploërmel et travaillait à Caudan à L’Industrielle Électrique.
Quand le réseau « Vengeance » fut identifié suite à une dénonciation, le 6 février 1944, ses principaux membres furent arrêtés à l’exception de Victor Oliveaux qui put s’enfuir. Les Allemands se saisirent alors de son père Firmin âgé de 76 ans à Ploërmel et le condamnèrent à la déportation. Le pauvre homme décèda durant le trajet. Paul Hervy fut arrêté le 19 février 1944 puis libéré. Il fut arrêté à nouveau le 29 février alors qu’il avait été averti de l’imminence de cette arrestation. Il était bien sûr informé de ce qui était arrivé à Firmin Olivaux. Il aurait pu faire le choix de fuir mais il ne le fit pas pour protéger les siens.
Arrêté le 29 février 1944 à Josselin (Morbihan), il fut interné à Vannes puis transféré à la prison de Rennes, et condamné à mort le 29 juin 1944 par le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur de Rennes (FK 748) comme « franc-tireur » et pour avoir caché des armes parachutées.
Il fut exécuté le lendemain sur le polygone de tir de la Maltière en Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-ete-Vilaine) en même temps que Louis Chérel.
Le tribunal civil de Rennes par un jugement daté du 14 février 1945, transcrit en mairie de Saint-Jacques-de-la-Lande le 2 mars 1945, l’a déclaré « décédé à Saint-Jacques-de-la-Lande le 13 juin 1944 »
Il obtint la mention « Mort pour la France » et le statut d’Interné Résistant lui fut attribué au mois de décembre 1949.

En Ille-et-Vilaine, le nom de Paul Hervy est inscrit sur la stèle des fusillés de la Maltière en Saint-Jacques-de-la-Lande et le poteau gravé à son nom « Paul Hervy 18 ans 30 juin 19444 » indique qu’il est le plus jeune des fusillés de la Maltière. À Rennes, il figure sur le monument de la Résistance érigé dans le cimetière de l’Est.
Dans le Morbihan, il est gravé sur le monument des martyrs de la Résistance à Ploërmel.
Sa dernière lettre

 
À Madame Hervy
Villa Les Marguerites
Ploërmel
 
Chers Parents et chers frères et sœurs,
Aujourd’hui 29 juin je viens d’être condamné à mort, j’ai toujours du courage comme tous les condamnés à mort.
J’espère en une grâce qui ne viendra sûrement pas, mais c’est en vain que je pense à vous que je n’oublierai jamais jusqu’à ma mort. J’ai beaucoup de courage comme un vrai patriote. Maman, ne pleure pas, je meurs en vrai catholique, adieu tous, chère grande famille, vous ne pouvez que penser à moi, le pauvre Paul ne reverra pas le jour, mais il a du courage, je n’oublie pas Laurette que je fréquentais, dites adieu pour moi à tous les amis et parents. Je vous aime tous et finissez bien votre vie et que maman et papa aient du courage. Je vous souhaite bonne et belle vie, que Berthe résiste à sa douleur ainsi que toi et toute la famille.
Je vous embrasse tous.
Adieu
PAUL
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, 21P 463125. – J.-P. Besse, T. Pouty, Les fusillés. Répression et exécutions pendant l’Occupation (1940-1944), Éd. de l’Atelier, 2005. – Site des fusillés d’Ille-et-Vilaine. – Renée Thouanel (sous la dir.), La Maltière (1940-1944), Éd. Mairie de Saint-Jacques-de-la-Lande, 2013. — Notes et photographies de Jean-Pierre et Jocelyne Husson. — État civil, Saint-Jacques-de-la-Lande (transcription du jugement déclaratif de décès du tribunal civil de Rennes). — Lettre, photographie et informations communiquées par Jean-Paul Roger (9 juin 2019).

Alain Prigent, Serge Tilly

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