Né le 5 septembre 1912 à Cenon (Gironde), fusillé comme otage le 21 septembre 1942 au camp de Souge, commune de Martignas-sur-Jalle, (Gironde) ; charpentier traceur à la SNCASO ; militant communiste.

Fils de Jules Bierge, charpentier, et de Juliette Peyroutet, sans profession, Raymond Bierge s’était marié le 10 août 1935 à Bordeaux (Gironde) avec Féliciana Pintos et était père d’un enfant de quatre ans. Il résidait à Villenave-d’Ornon au 52 rue Gambetta et travaillait comme charpentier-traceur aux Chantiers Navals de la Gironde SNCASO. Il adhéra au Parti communiste en 1938.
Il collecta argent, vivres et vêtements pour venir en aide aux républicains espagnols. Après la dissolution du PCF, il abrita chez lui du matériel permettant l’impression de journaux et de tracts qui furent ensuite distribués dans les usines aux alentours.
Dénoncé, il fut arrêté par la police française le 30 juillet 1942 sur son lieu de travail pour « propagande communiste » (tracts, faux papiers) certainement suite à la perquisition qui eut lieu chez lui.
Emprisonné à la caserne Boubet à Bordeaux puis au fort du Hâ, Raymond Bierge a été fusillé comme otage le 21 septembre 1942 dans le groupe des 70 otages, en représailles à l’attentat du cinéma Rex à Paris au mois de septembre 1942.
Il fut homologué interné résistant.
Son épouse, Félicienne, fut arrêtée en même temps que son mari. Elle fut agent de liaison et ravitailla le groupe de résistants en armes. Elle fut déportée au mois de janvier 1943.
Dernière lettre. Orthographe et rédaction d’origine respectées.
Le 26.1.44
Mon cher René
C’est au seuil du grand voyage vert l’éternité que je te fais mes adieux. J’espère que tu seras très heureux avec ta charmante petite compagne que tu as choisie pour la vie, ta petite Hélène. Tu feras mes plus doux adieu à ta famille dont j’emporte les meilleurs souvenirs ainsi qu’à Pierrot Pujol, sa famille. A Pierrot Hirigoyen, à Paulette et à toute sa famille. A la famille Pellegris, où je prenais pension.
Tu feras mes adieu à tous mes camarades du patronage avec qui j’ai passé de bon moment. Après la guerre si ces possible, je te demanderais de faire le nécessaire pour que l’on me transporte à Bruges dans cette commune que j’ai t’en aimé, où j’ai passé toute ma jeunesse et que je considère comme mon pays, et cé là que je voudrais reposé. Tu feras aussi mes adieu à Roger Bichet et à sa famille. En même t’en qu’à toi je t’envoi une lettre pour ma sœur, que tu lui enverras, dont voici son adresse. Monsieur et madame Adrien Fonbaudeau St André de Cubzac Gironde
Je termine ma lettre en vous envoyant, à toi et à tous, mes plus doux baisers.
[signé] :
Tapinois
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Comité du souvenir des fusillés de Souge, Les 256 de Souge, op. cit.Les 78 de la SNCASO. Martyrs de l’aéronautique 1939-1945, Mérignac, 2017. — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 59160 (nc). — État civil.

Delphine Leneveu

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