Né le 21 mars 1912 à Folembray arrondissement de Laon (Aisne), fusillé le 11 avril 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine), inspecteur d’assurances ; militant communiste ; résistant au sein des FTPF.

Photo de Marcel Maillard communiquée par Arnaud Javelle, son petit-neveu
Fils d’Édouard et de Marie née Loquet, Marcel Maillard était marié à Andrée Reymond et père d’un enfant. De la classe 1932, matricule 76, il a été mobilisé le 2 septembre 1939 au 52ème dépôt à Bourges et démobilisé le 6 août 1940, par le centre de Bénévent dans la Creuse.
Ils habitaient 183 rue des Bois de Verrières à Antony (Seine) avec leur fille Denise, née le 11 avril 1943. Il était déjà fiché avant-guerre par les Renseignements généraux comme militant du PCF « membre de la plupart des organisations dépendant de ce parti ». Il était alors employé à la « Garantie du Bâtiment » au 9 avenue Victoria à Paris (IVe arr.). Désigné pour aller travailler en Allemagne au titre du Service du Travail Obligatoire (STO), il démissionna en mars 1943.
En juillet 1943, il rencontra Robert Fouquet dit "Raison", militant communiste qu’il connaissait avant la guerre. Il lui proposa d’entrer au Front national de lutte pour d’indépendance de la France. Il serait appointé 2.000 francs par mois, il accepta.
Il a été rapidement nommé responsable à l’organisation du Front national. Il assuma cette responsabilité pendant cinq mois, le responsable politique lui demanda d’entrer aux FTP, son pseudonyme était "Génin", matricule 4500, Commissaire aux effectifs de la région P.4.
Il se rendit compte que le triangle régional était quasiment inexistant, il faisait fonction de "militaire régional" et de "technique". "Louis" son prédécesseur lui présenta une dizaine de FTP. Il vivait 48 rue Monsieur le Prince à Paris (VIe arr.) et disposait d’un autre logement au 183 avenue des Bois de Verrières à Antony (Seine, Hauts-de-Seine).
Il fut interpellé par deux inspecteurs B. et D. de la BS2 des Renseignements généraux le 2 décembre à 11 heures 30 au 30 rue Duranti à Paris (XVIe arr.) lieu d’un rendez-vous qui était prévu avec Robert Fouquet dit "Raison". Fouillé il portait sur lui : un certificat de travail, de trois tickets de métro annotés, d’une feuille de papier sur laquelle était dessiné un plan d’un bâtiment situé à Courson-les-Carrières arrondissement d’Auxerre dans l’Yonne ; un rapport qui concernait Victor Duval, un responsable du PPF accompagné de sa photographie et de sa carte de visite.
Les policiers perquisitionnèrent son logement d’Antony, en sa présence et celui de son épouse. Ils saisissaient une feuille de papier manuscrite. La perquisition de son logis de la rue Monsieur le Prince amena « la découverte d’aucun objet ou document subversif » d’après le compte-rendu.
Un dossier le concernant était aux Archives centrales de la police (dossier N° 58666) pour avoir été interpellé et conduit au poste de Police du XVIIIe arrondissement le 12 septembre 1934. Objet de l’arrestation : « apposition d’affiches insuffisamment timbrées, éditées par la 17ème section des Amis de l’Union Soviétique ». Militant du IIIème arrondissement, il prenait la parole lors des réunions publique à l’occasion des élections.
Marcel Maillard a été interrogé dans les locaux de la BS2 à la Préfecture de police. Il retraça son parcours militant, déclara d’emblée « Je n’ai jamais participé à aucun attentat, cependant [des] reconnaissances d’objectifs ont été faites par moi, notamment des déboulonnages de voies ferrées, et [la] récupération de clefs » pour réaliser « ces opérations ».
« L’armement de ma région consistait en six ou sept pistolets automatiques ». L’une des armes lui avait été donnée par "Louis", il s’en était dessaisi au profit de Maurice Pirolley dit "Le Sourd". Il alla repérer une voie ferrée avec "Louis" en vue d’une opération, mais l’attentat resta à l’état de projet faute de clés pour déboulonner les rails. Il affirma que pendant les trois mois où il assuma sa fonction à la région "P.4" « aucun travail effectif n’a été réalisé ». Il s’était d’ailleurs fait admonester par le Commissaire aux effectifs inter-régional Maxime Védy dit "Le Hêtre".
Dans le courant du mois d’octobre 1943, Fouquet l’informa qu’il était filé, en conséquence il lui fut ordonné de couper avec toutes ses relations. Il affirma aux policiers que les groupes « étaient composés presque uniquement de réfractaires et que beaucoup après avoir été biographiés ne réapparaissaient plus aux rendez-vous ».
Il fut finalement arrêté par la police française le 2 décembre 1943 sur les lieux d’un rendez-vous qu’il avait avec l’un des responsables aux cadres de l’inter-région parisienne, Robert Fouquet. Il était porteur d’un faux certificat de travail et d’un faux certificat de recensement à son nom ainsi que d’un rapport concernant un membre du Parti populaire français.
Livré aux Allemands, il fut condamné à mort par une cour martiale de la Luftwaffe qui siégeait dans l’enceinte de la prison de Fresnes le 23 mars 1944 avec une vingtaine d’autres FTP, parmi lesquels Joseph Epstein. Sa femme put lui rendre plusieurs visites qui lui permirent de faire sortir et passer à la direction du PCF clandestin des rapports sur « l’affaire Estain » rédigés par Jean Alezard sur des feuilles de papier à cigarettes.
Fusillé le 11 avril 1944 au Mont-Valérien, il fut d’abord inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine puis ré-inhumé le 13 novembre 1945 à Antony aux côtés de sa fille Françoise décédée en bas âge, comme il en avait exprimé le vœu dans la dernière lettre écrite à sa femme le jour de son exécution.
Une rue d’Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne porte son nom. « Fusillé par les allemands », Marcel Maillard a été reconnu « Mort pour la France » à titre militaire, et homologué à titre posthume au grade de capitaine des Forces françaises de l’intérieur (FFI), et Interné résistant. La médaille de la Résistance lui fut attribuée à titre posthume (décret du 30 sept. 1959, JO du 7 oct.).
Sources

SOURCES : Arch. PPo. BS2 carton 1 (transmis par Gérard Larue). – Arch. CCCP (Notes Ravery). DAVCC, Caen, BVII 5. Liste des médaillés de la Résistance à titre posthume (ap. 1948). SHD, dossiers adm. Résistants GR 16 P 384689 – P. Delon, Les Employés, op. cit., p. 136. – Renseignements fournis par le Dr Arnaud Javelle, son petit-neveu. – Notes Frédéric Stévenot.

Daniel Grason, Jean-Pierre Ravery

Version imprimable