Né le 14 février 1925 à Puligny-Montrachet (Côte-d’Or), exécuté sommairement le 12 juillet 1944 à Toussieu (Isère, Rhône) ; chauffeur ; membre d’un maquis FTPF de Saône-et-Loire et agent du réseau Action, mission Armada.

PARIZOT René, André
PARIZOT René, André
Arch. Dép. Rhône, 3460W3
René Parizot était le fils de Louis, Henri Parizot, boulanger, et de Marie, Émilienne Demitra. Il était célibataire. Il exerçait la profession de chauffeur et demeurait à Chaudenay (Saône-et-Loire). D’après les archives de Montluc, il résida à Chagny (Saône-et-Loire) où il travailla dans une tuilerie.
Le 1er août 1942, René Parizot, alias La Botte, s’engagea dans les Francs-tireurs et partisans français (FTPF) de Chagny. Maquisard, il fit partie du détachement Brazzaville et du groupe Delorme. Il fut chef de groupe. Il avait le grade de sous-lieutenant. René Parizot se mit également au service de la mission Armada du réseau Action.
Le 2 juillet 1944, René Parizot fut arrêté par les Allemands au cours d’une liaison en moto, dans la région de Senozan (Saône-et-Loire), après ou pendant l’attaque de son maquis cantonné à Brancion (Martailly-lès-Brancion, Saône-et-Loire). Il fut pris « les armes à la main » et conduit par un détachement de la Wehrmacht à Lyon (Rhône). Le 3 juillet, il fut incarcéré à la prison de Montluc, dans la cellule 132. Vers le 5 juillet, il subit un interrogatoire. Il ne fut pas brutalisé et réintégra sa cellule.
Le 12 juillet 1944, vers 17 heures, René Parizot et vingt-sept autres détenus furent extraits « sans bagage » de Montluc. Ils furent conduits à Toussieu (Isère, Rhône), au lieu-dit la Perrière, dans un chemin reliant la route départementale 318 au Bourg de Toussieu, puis ils furent exécutés. Une femme fut témoin du massacre : « vers 18h20, je me trouvais dans un champ lorsque je vis arriver un convoi composé de trois voitures dont deux tractions avant et une camionnette. Quelques temps après je vis descendre des Allemands en uniforme, armés de mitraillettes. Aussitôt suivirent des hommes en civil, enchaînés deux par deux. Les Allemands les firent agenouiller dans le pré, la face tournée du côté opposé à eux. Trois Allemands se placèrent à quelques mètres derrière le groupe et tirèrent des rafales de mitraillettes. Ensuite ils les achevèrent individuellement d’un coup de revolver. […] La fusillade terminée les Allemands montèrent dans les voitures et s’en allèrent. »
Le 14 juillet 1944, les vingt-huit corps furent inhumés au cimetière de Toussieu « en présence d’une foule considérable ».
Vers le 15 juillet, les molletières de René Parizot furent remises aux gardiens de Montluc venus récupérer les affaires des prisonniers appelés qui n’avait pas réintégré leurs cellules.
Le corps de René Parizot fut décrit ainsi : cheveux châtains moyens, blouson en cuir fauve et pantalon vert type chantiers de jeunesse, blouson molletonné marron, chemise kakie, ceinture type scout, chaussettes en coton marron, petit mouchoir bleu clair à petits pois bleus et losanges jaunes, brodequins de l’armée. Il portait sur lui une chevalière en métal jaune avec initiales R.P. qu’il avait confectionné au maquis avec une pièce de 2 francs. Il fut identifié les 7 et 8 septembre par deux de ses anciens codétenus de la cellule 132. Le 20 septembre 1945, sa mère, demeurant à Chaudenay, le reconnut à son tour.
René Parizot fut homologué FFC et FFI. Il obtint le titre d’interné résistant. Son nom apparaît sur le monument commémoratif de Toussieu rendant hommage aux vingt-huit fusillés du 12 juillet 1944.
Voir la monographie du lieu d’exécution
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W642, 3460W3, 3460W4, 3335W30, 3335W12.— SHD, Vincennes, inventaire de la sous-série 16P.— Tableau des effectifs des FTPF du secteur n°1, zone nord du département. — Réseau Action, liste des agents. — André Jeannet, Mémorial de la Résistance en Saône-et-Loire. Biographies des résistants, 2005, JPM. — Mémorial Genweb. — État civil.

Jean-Sébastien Chorin, André Jeannet

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