Né le 21 novembre 1913 à Kleineibstadt (Allemagne), fusillé le 9 février 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; garçon-boucher.

Joseph Wolfrom, natif de Keineibstadt où vivait une forte communauté juive, entra en France le 14 août 1937 en provenance de Karlsruhe. Il demeura en 1939 dans une maison meublée au 4 rue Caplat dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris (XVIIIe arr.), et exerçait le métier de garçon-boucher. Trois cantonniers de la Ville de Paris trouvèrent le 7 avril 1939 un volumineux sac boulevard de la Chapelle sous le métro aérien. À l’intérieur le cadavre d’un homme qui portait sur lui une convocation de la préfecture de police au nom d’Albert Lévy né en Allemagne, domicilié dans un hôtel au 57 rue Myrrha (XVIIIe arr.).
La brigade spéciale de la police judiciaire fut chargée de l’enquête. Entre les rues Myrrha et Caplat peu de distance et encore moins entre cette dernière rue et le boulevard de la Chapelle. Une rapide enquête de voisinage allait permettre aux policiers de suspecter Joseph Wolfrom qui avait été vu avec la victime la veille de son assassinat. Sur le corps du mort les policiers trouvèrent un franc et quarante-cinq centimes, le mobile était probablement le vol.
Au domicile de Wolfrom les policiers trouvèrent une correspondance avec Joseph K. demeurant à Anvers (Belgique). La police judiciaire demanda à ses collègues belges de placer son domicile sous surveillance. Joseph Wolfrom fut arrêté le 12 avril par la police belge, il possédait sept mille quatre cents francs volés à Lévy. Extradé, interrogé par des inspecteurs de la police judiciaire il reconnut avoir utilisé la cravate d’Albert Lévy pour l’étrangler. Il déclara que Lévy avait refusé de lui prêter mille cinq cents francs. Ce dernier faisait l’objet d’une mesure d’expulsion, il devait quitter la France le 8 avril depuis le port La Pallice à destination de la Bolivie. Incarcéré à la prison de la Santé, Joseph Wolfrom devait comparaître devant la cour d’assises de la Seine.
Les autorités allemandes en décidèrent autrement, était-ce le fait qu’il était juif ? Il comparut le 9 février 1942 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « assassinat », il fut passé par les armes le 9 février 1942 au Mont-Valérien.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, Boîte 5, Liste S 1744-90/42 (Notes Thomas Pouty). – Le Matin, 9, 11 et 13 avril, 6 mai, 15 juin 1939, 18 avril 1940. – Le Petit Parisien, 13 avril et 15 juin 1939. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC.

Daniel Grason

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