Né le 28 mars 1902 à Béthune (Pas-de-Calais), fusillé le 15 mars 1944 au fort de Bondues (Nord) ; médecin ; résistant, membre de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Domicilié à Béthune, marié à Marie Vaillant, père de deux enfants, médecin, Louis Dhenin était issu d’une famille catholique pratiquante. Médecin, il mit au point plusieurs vaccins par voie lymphatique. C’est sa profession qui, alors qu’il avait été fait prisonnier de guerre en 1940, permit sa libération.
Il fut un résistant de l’OCM depuis le 1er novembre 1942 ; responsable pour l’arrondissement de Béthune, il était chargé de rassembler et transmettre à l’EM départemental OCM à Arras tous renseignements économiques, administratifs et militaires dans son secteur, de recruter et d’organiser des groupes. Il s’occupa en outre du ravitaillement des prisonniers, fit de la propagande verbale, recruta des résistants, et imprima des tracts à son domicile. Arrêté une première fois en mars 1942, il fut relâché faute de preuves.
Arrêté le 19 février 1944 à Béthune par la GFP 716 d’Arras, la police militaire, pour espionnage, trafic d’armes et d’essence et activités résistantes, il fut interné à la prison Saint-Nicaise d’Arras. Comme son activité résistante intéressait « l’ange gardien des V1 », il fut confronté aux autres membres de l’OCM réunis à l’hôtel du Commerce d’Arras, siège de « l’ange gardien des V1 ». Au terme de l’enquête, la procédure fut renvoyée devant le tribunal du 65e corps d’armée allemand. Le 14 mars, Louis Dhenin fut transféré d’Arras à la prison de Loos-lès-Lille. Grâce au témoignage d’André Velut, on sait que, le 15 mars 1944, avec Émile Beaucourt et Marcel Douphy, Louis Dhenin fut jugé par cette cour martiale secrète, alors réunie boulevard de la Liberté, à Lille. Ils comparurent ensemble et Beaucourt, Dhenin et Douphy, condamnés à mort ont été fusillés sur-le-champ, alors que le procès de Velut était repoussé. L’exécution se déroula le même jour au fort de Bondues et dans le plus grand secret. À ce titre, la famille ne fut pas prévenue, et le corps seulement identifié lors de son exhumation.
Il a laissé un carnet de notes qui débute le samedi 19 février 1944 au mercredi 14 mars, cach dans un livre intitué L’allemand sans peine., Le diariste y manifeste de sentiment religieux, évoque sa vie quotidienne et avec une grande prudence ses interrogatoires : "C’est tellement cuisant que le soir j’étais mort, écrit-il, une façons de signaler à mot couvert les torture. Ces textes furent publiés par ses amis sous le titre "Les derniers jours d’un martyr", sur 24 pages avec les commentaires de ses amis gaullistes de "France d’abord" ! .
On ne connait pas de dernière lettre de sa main, seulement les dernières notes de son journal, la veille de sa mort :
Mardi 14 [mars 1944]. — 25e jour. A midi transfert en camion à Loss. Tribunal. Assez bon repas. Les habitudes changent. Après la soupe de 5 heures il faut se déshabiller et donner ses habits dehors. J’ai dû donner aussi ma valise, couteau, rasoir, que l’on m’avait rendus à Arras. Nous sommes 10 Français d’Arras à Loos ! La discipline parait sévère ici ! C’est à regret que j’ai quitté les alis d’Arras, mon confrère Gualacci, Philibert d’Agnay, Charles Cuvilliers, de Mont St-Eloi etc..
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Fonds « Michel Rousseau » (La Coupole) – Musée de la Résistance de Bondues, Ils étaient 68, op. cit. – Laurent Thiery, La répression allemande dans le Nord de la France (1940-1944), Lille, Presses du Septentrion, 2013, p. 239-256.

Claude Pennetier, Julien Lucchini, Laurent Thiery

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